Intelligence artificielle : “À un moment, on n’est plus maître de nos décisions”
Si l’IA prend de la place, c’est parce que l’être humain a décidé de la lui laisser. C’est la thèse défendue par Xavier Corman, entrepreneur et auteur du livre “Le vertige de l’IA”. Il était invité de l’émission de Fabrice Grosfilley, Bonsoir Bruxelles et il s’inquiète des conséquences que cela pourrait avoir pour la démocratie.
Il parle notamment de l’intelligence artificielle générale (IAG), qui sera capable d’apprendre dans tous les domaines : “ Elle n’existe pas encore, c’est une IA qui a une vision beaucoup plus holistique des choses et qui va pouvoir comprendre beaucoup mieux que l’être humain énormément de choses. (…) L’intelligence artificielle générale aura une capacité de réflexion beaucoup plus large, qui va pouvoir être beaucoup plus puissante que ce que l’on connaît. ”
Dans son ouvrage, Xavier Corman pointe un problème majeur, qui n’est pas la puissance de l’IA, mais l’utilisation que l’on en fait : “ C’est très confortable pour l’être humain de déléguer des tâches, mais surtout des décisions. Et c’est là, que se pose la question : à partir de quel moment, par facilité, l’être humain délègue sa décision à une machine ? Et jusqu’à quel point la machine va supplanter l’être humain dans des prises de décision, avec notre accord. Ça pose énormément de questions. ”
L’une des questions qui se pose est la suivante : l’IA modèle-t-elle notre esprit ? Si on ne la remet pas en question, on pourrait passer à côté d’autres réponses possibles : “ À partir du moment où on délègue la décision à une machine, on n’y réfléchit plus du tout, donc en fait ça n’existe plus. À un moment, on n’est plus maître de nos décisions. Par contre, il y a toujours bien quelqu’un qui peut piloter l’IA. ”
■ Revoir l’interview complète de Xavier Corman dans la vidéo ci-dessus