Instruction judiciaire ouverte contre une inspectrice de l’ONEM pour corruption

Une inspectrice sociale de l’Office nationale de l’Emploi (ONEM) aurait été placée sous mandat d’arrêt pour suspicion de corruption au début de l’été, puis libérée sous conditions, selon un article publié jeudi par le quotidien De Morgen. Le parquet de Bruxelles ne confirme pas pour l’instant cette information. Il indique cependant qu’une instruction judiciaire a été ouverte pour corruption et violation du secret professionnel.

La femme en question est soupçonnée d’avoir transmis à la mafia albanaise d’Anderlecht des informations relatives à la planification de contrôles sociaux dans certains de ses établissements, selon le journal. Ce dernier précise que l’inspectrice sociale (N. H.) travaille à l’Office nationale de l’Emploi depuis plus de 20 ans.

Toujours selon De Morgen, les écoutes téléphoniques demandées dans le cadre de l’enquête judiciaire ont permis d’enregistrer des échanges lors desquels elle avertissait des commerçants de contrôles imminents, et ce contre de l’argent et d’autres avantages. Les enquêteurs porteraient également leur attention sur des liens éventuels avec la mafia albanaise.

L’inspectrice aurait été transférée au sein de la cellule en charge de s’attaquer à l’économie souterraine de certaines entreprises et associations actives dans la zone du canal, mise en place au lendemain des attentats de Bruxelles dans le cadre du plan fédéral canal. Cette cellule a été chargée de traquer les fraudes sociales et toutes autres sources de financements illégaux en collaboration avec la police fédérale. Des policiers fédéraux auraient été interpellés par le fait qu’elle entretenait des rapports de nature informelle lors des contrôles.

De Morgen avance de plus que lorsque l’inspectrice travaillait encore dans les bureaux de l’Office nationale de l’Emploi situés chaussée de Charleroi à Saint-Gilles, elle collaborait et partait en patrouille avec des agents de la police locale de Bruxelles-Midi (Anderlecht, Forest et Saint-Gilles). Elle aurait alors déjà fait l’objet de signalements par des collègues, qui se questionnaient par exemple sur l’octroi d’avantages lui permettant d’approcher des stars à la salle de concert de Forest National.

Belga

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04 octobre 2019 - 08h00
Modifié le 04 octobre 2019 - 08h00