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Grève sur le rail : après le refus de leur préavis, les syndicats saisissent le Conseil d’Etat et boycottent les instances paritaires

Les syndicats des cheminots ont décidé d’introduire un recours en extrême urgence devant le Conseil d’État pour un préavis de grève de trois jours refusé par HR Rail, le service des ressources humaines des compagnies ferroviaires SNCB et Infrabel. Cette annonce, confirmée par Pierre Lejeune, président de la CGSP Cheminots, est intervenue jeudi matin en réponse aux sorties des patrons de la société de transport et du gestionnaire du réseau ferroviaire dans les médias. Les syndicats en front commun parlent d’une “concertation sociale rompue” et annoncent un “boycott des instances paritaires”.

Le préavis avait été lancé pour les actions interprofessionnelles des 5, 10 et 12 février. Il a cependant été refusé car, selon Benoît Gilson, CEO d’Infrabel, il ne répondait pas aux conditions. Il faut en effet une concertation préalable et l’activation de la procédure de sonnette d’alarme, ce qui n’a pas été fait, selon lui.

Contacté, HR Rail ne dit pas autre chose. Pour l’employeur juridique des cheminots, cette procédure doit préalablement être enclenchée. Le préavis de grève est en outre “totalement disproportionné et irresponsable“, justifie l’entreprise.

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En invoquant la ‘disproportion’ de l’action pour nous empêcher de manifester, la direction et le ministre s’attaquent directement à la démocratie sociale“, réagissent la CGSP Cheminots et la CSC Transcom, ainsi que leurs pendants flamands ACOD Spoor et ACV-Transcom dans un communiqué, estimant cette situation inédite. Cela alors que les syndicats ont pourtant utilisé la même formulation que d’habitude, font-ils remarquer.

Ils ont donc introduit un recours devant le Conseil d’Etat, dont ils attendent une décision d’ici le milieu de la semaine prochaine.

“Rupture du dialogue social”

En front commun, les syndicats ont décidé du “boycott immédiat des instances paritaires“. “C’est la rupture du dialogue social“, souligne M. Lejeune. “HR Rail a délibérément choisi de briser les règles du jeu et de s’attaquer à nos libertés syndicales. L’entrave grave à l’exercice du droit de grève que nous subissons aujourd’hui marque une rupture définitive de la confiance. Le constat est sans appel: la concertation sociale est rompue“, regrettent les syndicats.

Les syndicats socialistes et chrétiens précisent ainsi qu’ils suspendent “toute participation aux instances paritaires nationales et régionales (CPN, CPR, CPPT, …) et appelle, dès aujourd’hui, l’ensemble de ses mandataires à boycotter systématiquement les réunions“.

Jeudi, les patrons de la SNCB et d’Infrabel sont montés au créneau, de concert, dans les médias afin de dénoncer les grèves à répétition qui paralysent le rail. La Belgique connait en effet son 30e jour de grève en l’espace d’un an. Ils appelaient dès lors les syndicats à s’asseoir autour de la table pour négocier un grand pacte social et travailler sur l’attractivité du métier de cheminots.

Nous refusons ce simulacre de démocratie sociale tant que notre droit constitutionnel de grève est bafoué. Nous refusons de discuter avec une direction qui cherche à nous museler par des procédures juridiques“, balaient cependant les syndicats.

Belga

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