Grève chez Bpost : “Des centaines de facteurs voudraient travailler mais des syndicalistes bloquent les centres de distribution”
La direction de Bpost serait prête à adapter les horaires de travail les plus tardifs prévus dans son nouveau plan afin de répondre aux préoccupations des syndicats, a expliqué le SLFP Poste à l’issue de la réunion organisée mercredi par le CEO de Bnode, Chris Peeters.
“Le nouveau plan de la direction prévoyait que certains facteurs termineraient le travail vers 18h“, explique Nancy Van Quekelberghe, Vice-présidente du SLFP Poste. “Il y aurait désormais une ouverture de la direction pour que les facteurs puissent terminer un peu moins tard.”
La syndicaliste n’a pas souhaité commenter l’absence de la CSC et de la CGSP aux discussions organisées mercredi. “De notre côté, on prône la discussion. L’entreprise est dans une impasse et nous sommes, nous aussi, dans cette impasse.” Les discussions sont organisées en bilatérales, le CEO recevant les syndicats à tour de rôle.
Les membres de Comeos impactés
Selon le porte-parole de la Fédération belge du commerce et des services, “la grève chez Bpost provoque de graves perturbations dans la chaîne logistique de nos membres.” La fédération appelle dès lors à la mise en place d’un service minimum pendant les périodes de grève afin de limiter les conséquences négatives sur les commerces.
“Les commerçants subissent une perte de chiffre d’affaires, des coûts supplémentaires et des dommages à leur réputation“, souligne Hans Cardyn, porte-parole de Comeos. “Les consommateurs rencontrent des retards et la diminution de la fiabilité des livraisons entraîne des atteintes à la réputation.”
Comeos, qui dit reconnaitre “le droit de grève comme un droit social fondamental“, souligne qu’un “meilleur équilibre doit être trouvé entre le droit de grève et la continuité économique“. “Un réseau logistique fiable est crucial pour les entreprises, les travailleurs et les consommateurs“, insiste la fédération.
La fédération patronale flamande Unizo a également appelé mercredi à une résolution rapide du conflit social en cours et s’est inquiétée de ses effets sur les commerces indépendants.
Le point sur la grève
En Wallonie, 87% des facteurs sont en grève mercredi, contre à peine une dizaine en Flandre, selon les derniers chiffres communiqués. À Bruxelles, les chiffres sont plus difficiles à estimer. “Des centaines de facteurs voudraient travailler mais des syndicalistes bloquent les centres de distribution“, affirme le porte-parole de Bpost Mathieu Goedefroy. “Environ 5.000 facteurs sont au travail en Flandre aujourd’hui.”
Chris Peeters, le CEO de Bnode, l’entreprise qui chapeaute Bpost, se réunissait mercredi avec les syndicats, dans l’espoir de sortir les négociations de l’impasse. Les syndicats francophones, CSC et CGSP, ont toutefois fait l’impasse sur la réunion. “Monsieur Peeters est resté en hibernation tout au long du conflit et il se réveille après 19 jours, maintenant qu’un médiateur a été désigné“, déplore Thierry Tasset, secrétaire général de la CGSP Poste. Le syndicaliste compte sur le travail des conciliateurs pour porter les revendications syndicales à la direction.
La grève chez Bpost a débuté spontanément fin mars en opposition au plan de transformation annoncé par la direction. Les grévistes dénoncent notamment le souhait de la direction de modifier les horaires de travail des facteurs.
Belga