Double condamnation à 13 ans de détention pour les tirs à la kalachnikov à Anderlecht
Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné mardi chacun des deux prévenus à 13 ans de détention pour des faits survenus les 18 et 19 avril 2025 sur la place du Conseil à Anderlecht.
Les deux jeunes hommes -dont un seul était présent au tribunal mardi pour le prononcé- étaient poursuivis pour une double tentative d’assassinat, la participation à une organisation de malfaiteurs et la détention d’arme. Lors d’une lecture particulièrement rapide du jugement, le président du tribunal a déclaré que les faits justifiaient “de très lourdes peines d’emprisonnement“, notamment compte tenu de l’état de récidive “attesté par le dossier” de l’un des prévenus, mais aussi du contexte de vente de stupéfiants et de guerre de territoire dans lequel les faits se sont inscrits.
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Le tribunal a considéré que la culpabilité des deux prévenus, âgés d’une vingtaine d’années, était établie pour l’ensemble des préventions à leur charge. Ainsi, E.I. a tenté de tuer plusieurs personnes, a résumé le juge mardi. Il a été aidé par A.N., a-t-il poursuivi dans sa lecture du jugement. Les deux hommes avaient préparé leurs actes bien avant les 18 et 19 avril 2025, a enfin estimé le tribunal. Le président a insisté sur le “mépris complet pour la vie d’autrui” et le “caractère organisé des faits“. Il s’est aussi arrêté sur “l‘arme de guerre“, en l’occurrence un fusil d’assaut AK-47, utilisée par E.I. sur la place du Conseil d’Anderlecht. Le juge a qualifié ce quartier de “gangréné par les fusillades et les ventes de stupéfiants”.
Les faits se sont déroulés sur la place du Conseil à Anderlecht, peu après minuit. E.I., qui se déplaçait en trottinette, a ouvert le feu avec un fusil automatique de type kalachnikov. Il a tiré au moins sept balles, qui ont perforé la façade d’un café, de deux habitations et un tram, sans faire de blessé.
Le parquet a pris les faits très au sérieux: “Tous les coups de feu ont été tirés à hauteur d’homme, avec une arme de guerre qui fait des trous de la taille d’une balle de golf dans un corps humain. Les deux suspects ont déjà eu affaire à la justice. E.I a été condamné à une peine avec sursis et était libre depuis à peine quelques semaines lorsque les faits se sont produits, tandis qu’A.N venait de passer 14 mois en détention provisoire dans le cadre d’une enquête sur une autre fusillade.” Le parquet avait requis 15 ans de détention contre chacun des prévenus.
La kalachnikov utilisée le 19 avril avait déjà été utilisée lors d’autres incidents de tir, qui avaient eu lieu à la même période à Anderlecht, selon le parquet.
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Au moment de défendre leur client, les avocats de E.I. avaient demandé au tribunal de lui infliger la peine minimale: “Les faits en eux-mêmes ne sont pas contestés, même si le but n’était pas de blesser quelqu’un le premier soir. Mais notre client n’est que l’exécutant, il a reçu l’ordre de personnes avec lesquelles il vaut mieux ne pas avoir de problèmes. La question se pose de savoir dans quelle mesure il avait le choix, compte tenu de l’endroit où il a grandi et où il vit. Il vit au milieu de deux guerres, l’une entre des gangs de trafiquants de drogue, l’autre menée par les autorités contre le trafic de drogue. Il porte une responsabilité personnelle, mais n’est qu’un rouage dans une réalité économique qui le dépasse complètement.” Les deux hommes, condamnés à 13 ans de prison, disposent de 30 jours pour interjeter appel de la décision du tribunal de première instance.
Belga