Débat tendu au gouvernement bruxellois sur l’abattage rituel

Ce jeudi matin, le gouvernement bruxellois a dû débattre de l’abattage rituel sans étourdissement. Suite aux arrêtés de la Cour constitutionnelle et de la Cour européenne autorisant l’abattage sans étourdissement, le ministre du Bien-être animal, Bernard Clerfayt (DéFi) a décidé de mettre le dossier sur la table. 

Le dossier de l’abattage rituel sans étourdissement est un vieux dossier qui empoisonne la politique bruxelloise depuis de nombreuses années et que tous les politiques évitent dès qu’ils le peuvent. Mais avec les arrêtés de la Cour constitutionnelle et de la Cour européenne qui le rendent possible, Bernard Clerfayt, en tant que ministre du Bien-être animal a décidé de le mettre sur la table.

Pour lui, la justice a fait son travail et il est donc logique d’en discuter même si cela ne faisait pas partie de l’accord de gouvernement. “On peut discuter des modalités et des délais mais il me semble logique qu’on applique à Bruxelles les mêmes règles qu’en Wallonie et en Flandre et qui ont été validées par toutes les autorités juridiques.”

Très clairement, Bernard Clerfayt tout comme son parti DéFi, s’est positionné contre l’abattage rituel sans étourdissement. Il rejoint l’arrêté de la Cour constitutionnelle disant que cette pratique n’entrave pas la liberté de culte ou en tout cas pas suffisamment par rapport à la souffrance animale.

PS et Ecolo divisés

Si DéFi est très clair sur le sujet, c’est moins le cas de ses autres partenaires de majorité et notamment du PS. Les socialistes sont très divisés en interne. La députée Leila Agic le confirmait la semaine dernière. “Il n’y a pas d’accord. On va voir ce que Bernard Clerfayt va nous proposer mais je ne suis pas certaine qu’il aura une majorité au parlement. Le PS bruxellois ne s’est jamais positionné par rapport à cette question.”

Sur le plateau des Experts de ce samedi 9 octobre, le bourgmestre de Saint-Gilles et ancien ministre-président de la Région bruxelloise, Charles Picqué (PS), tenait un tout autre discours tout en étant très prudent sur la question. “C’est un débat extrêmement dangereux et je pense qu’un travail de dialogue aurait dû être mené depuis longtemps. Je pense que cela va amener à des votes qui seront dirigés par un avis personnel. On va avoir des procès en disant que c’est anti-religieux. Ce n’est pas mon cas mais je me dis que ce débat peut pervertir les relations entre les groupes. Moi, je ne me cache pas, je suis pour l’abattage sans étourdissement.”

Il n’y a pas qu’au PS que le débat n’est pas tranché. Chez Ecolo, c’est la même chose. Le chef de groupe au parlement, John Pitseys se veut très prudent. “C’est un sujet d’une certaine importance et complexe. Il est important pour nous d’avoir une approche globale sur le bien-être animal. Nous voulons une proposition qui encadre tout le cycle de vie des animaux.” Si le sujet vient au parlement, les députés Ecolo devraient avoir une liberté de vote.

Pour éviter la crise, le gouvernement pourrait décider de renvoyer le débat au parlement afin qu’il y ait des discussions en commission puis un vote en plénière. C’est d’ailleurs le conseil que donnait Charles Picqué à Rudi Vervoort.

Vanessa Lhuillier – Photo: BX1

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14 octobre 2021 - 13h17
Modifié le 14 octobre 2021 - 13h17