Conflit israélo-palestinien : une banderole noire avec une ligne rouge à Bruxelles, un an après l’accord sur Gaza
Une grande banderole noire tracée d’une ligne rouge: c’est ainsi qu’environ 200 manifestants ont voulu exprimer, mercredi en fin de matinée, leur mécontentement au Mont des Arts, à Bruxelles, à l’occasion du premier anniversaire de l’accord gouvernemental conclu sur le conflit à Gaza.
L’action, qui a débuté à 11h00, a réuni les organisations à l’origine de la campagne “Ligne rouge“, qui avait culminé en juin 2025 avec une marche ayant rassemblé entre 75.000 et 110.000 participants, “la plus grande manifestation de solidarité avec la Palestine jamais organisée en Belgique“, avaient alors déclaré les organisateurs. Parmi les participants mercredi figuraient notamment Amnesty International ainsi que la FGTB-ABVV et son président, Bert Engelaar.
Sur la banderole déployée par les manifestants figurait le message suivant: “Plus de 75.000 palestiniens. Affamés. Abattus. Tués. Toujours pas de sanctions dignes de ce nom. Jusqu’à quand, premier ministre De Wever?“. Une manière de dénoncer ce que les manifestants qualifient d’impasse politique.
“Il est temps de vraiment passer à l’action“, a martelé Marwan Hobeika, chargé de plaidoyer Moyen-Orient et Afrique du Nord pour le CNCD 11.11.11. “Il faut que le gouvernement applique l’intégralité son accord de manière satisfaisante. Mais cela ne suffit pas. Il y a encore d’autres mesures qui sont nécessaires“, a-t-il ajouté, évoquant un mécanisme de sanction national, une interdiction des investissements, et la prolongation du moratoire sur les accords d’armement avec Israël.
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Un an après la conclusion de l’accord gouvernemental, les organisateurs estiment en effet que l’exécutif fédéral n’est toujours pas parvenu à le mettre pleinement en œuvre. Ils pointent par ailleurs une dégradation continue de la situation sur le terrain, citant notamment une commission d’enquête indépendante des Nations unies, qui a averti en juin 2026 de la poursuite du génocide à Gaza, ainsi que la multiplication des violences commises par des colons en Cisjordanie. Ils dénoncent également la poursuite de l’expansion de la colonisation dans la zone dite E1, qui, selon eux, couperait la Cisjordanie de Jérusalem.
Par cette nouvelle action, les organisations à l’initiative de la campagne “Ligne rouge” ont réaffirmé leur volonté de maintenir la pression sur le gouvernement fédéral, appelant à une mise en œuvre complète de l’accord conclu un an plus tôt.
“Ce qu’on constate, c’est que le génocide ne s’est pas arrêté à Gaza“, a déclaré la directrice générale d’Amnesty International Belgique, Carine Thibaut. “En Cisjordanie, l’occupation et la colonisation sont en train de prendre des formes extrêmement violentes.”
Trois personnes ont été tuées mardi à Gaza lors d’une opération israélienne visant à arrêter un haut responsable du Hamas, durant laquelle des bombardements d’une intensité rare ces dernières semaines ont été menés, selon les autorités locales. En outre, des colons israéliens ont tenté mardi de mettre le feu à une mosquée en Cisjordanie occupée, territoire où les attaques contre les Palestiniens se multiplient, avait annoncé mardi le ministère palestinien des Affaires religieuses.
Marwan Heiboka a également insisté sur une vigilance à avoir sur les ressortissants belges ayant combattu pour les forces armées israéliennes, évoquant un chiffre d’environ 400 ressortissants belges qui auraient occupé différentes fonctions au sein de ces forces armées. “Il ne semble pas y avoir de travail de screening systématique alors que cela avait été fait pour les personnes qui revenaient de Syrie ou d’Ukraine“, a-t-il déploré, ajoutant que les personnes ayant combattu dans l’armée israélienne, une armée qui, selon lui et l’ONU, commet un génocide à Gaza, doivent être soupçonnées d’avoir potentiellement commis des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité.
Belga