Canicule historique : “Si on n’arrive pas à stabiliser l’évolution du climat, on arrivera à 50 °C”
Bruxelles vit son neuvième jour de vague de chaleur avec des températures maximales dépassant les 25 degrés tous les jours. Depuis le samedi 20 juin, on peut même parler de canicule.
En Belgique, l’IRM (Institut royal météorologique) parle de canicule lorsque les maxima à Uccle atteignent au moins 25 °C durant au moins cinq jours consécutifs, parmi lesquels le seuil des 30 °C est atteint durant au moins trois jours. Il s’agit officiellement du premier épisode caniculaire de la capitale. Une première vague de chaleur avait déjà touché la capitale à la fin du mois de mai.
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Lors de cette canicule, de nombreux records journaliers ont été battus. Encore aujourd’hui, avec 35,3 degrés mesurés à Uccle. Le précédent record journalier de 33,5 °C, établi le 26 juin 1976, avait déjà été dépassé plus tôt dans la journée. C’est la troisième journée consécutive que ce record journalier, vieux de cinquante ans, est battu.
Bien au-dessus des normales de saison
Ce mois de juin bat tous les records de température. On l’observe lorsque l’on compare les relevés de températures maximales aux normales de saison. Déjà dix jours ont dépassé de cinq degrés les normales de saison au cours de ce mois de juin caniculaire. Les températures attendues dans les prochains jours devraient probablement acter cette semaine de juin comme la plus chaude de l’histoire du pays.
Au-delà de 1976
L’année 1976 et son épisode caniculaire, avec des températures qui ont dépassé les 30 degrés pendant plus de quinze jours consécutifs, sont souvent pris en exemple comme preuve de l’existence de vagues de chaleur déjà à l’époque. Mais l’année que nous vivons est sans commune mesure avec celle de 1976. Le mois de juin d’il y a 50 ans était plus frais que celui que nous vivons aujourd’hui.
Le bilan du mois de juin 1976 était de neuf jours de fortes chaleurs. Nous sommes déjà à six jours de fortes chaleurs et deux jours de très fortes chaleurs en ce mois de juin 2026. En moyenne, les températures étaient de 23,7 degrés en 1976 contre 24,5 degrés en 2026. Cette année dépasse aussi largement les températures enregistrées il y a 50 ans.
“Dans une dizaine d’années, nous considérerons cet été comme un été frais”
Ce genre d’épisode de chaleur devient malheureusement une habitude. Dans les prochaines années, ils seront plus fréquents et présenteront des températures encore plus élevées que celles que nous avons connues ces derniers jours. “Dans une dizaine d’années, nous considérerons cet été comme un été frais”, rappelle Jean-Pascal Van Ypersele, professeur émérite à l’Université catholique de Louvain et professeur invité à l’ULiège.
Jean-Pascal Van Ypersele précise que “l’avenir est en partie entre nos mains”. Il rappelle qu’il faut “réduire nos émissions à zéro. Tel est l’objectif de l’Union européenne pour 2050”. Concernant les futurs épisodes caniculaires, le professeur indique que “si on n’arrive pas à stabiliser l’évolution du climat, on arrivera à 50 degrés, y compris en Belgique”. Il rappelle que ce scénario est évitable en cas de réduction des émissions.
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Concernant l’absence de réponse politique face à cette canicule historique, Jean-Pascal Van Ypersele tient à préciser que “la sécurité de la population n’est pas qu’une question militaire”. La gestion des vagues de chaleur devient un enjeu majeur de ce siècle. En France, l’épicentre de cette canicule, les hôpitaux commencent à être saturés et des cellules de crise sont activées.
Rémy Rucquoi