Aveu de faillite pour 21 sociétés du groupe GH et un souhait de PRJ pour Sogefibel
Le tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles a tenu une audience jeudi consacrée à la citation en faillite du groupe immobilier de Gérald Hibert. Lors de cette audience, le groupe GH a reconnu que les 21 sociétés de la filiale belge du groupe étaient dans les conditions de la faillite. Le tribunal de l’entreprise a acté ce constat, partagé par l’ensemble des parties présentes à la cause, et a pris cette partie de l’affaire en délibéré.
La société faîtière Sogefibel, qui ne détient pas d’immeuble en tant que tel mais chapeaute les 21 sociétés en aveu de faillite, a fait l’objet de discussions plus échauffées, qui ont finalement abouti à une remise de l’affaire à l’audience du 30 juin. Le groupe de Gérald Hibert souhaite demander l’ouverture d’une procédure en réorganisation judiciaire (PRJ) pour la société faîtière Sogefibel.
Les trois banques impliquées dans l’affaire (ING Belgique, BNP Paribas Fortis et KBC Bank) ont indiqué jeudi ne plus avoir “aucune confiance” à l’égard de Sogefibel, qui est en “cessation de payement absolu“, d’après les avocats défendant les intérêts bancaires.
Ces banques soutiennent la solution de la faillite pour les 22 sociétés du groupe GH, y compris Sogefibel qui “perturbe la liquidation du groupe“, ont ajouté les trois banques jeudi. Elles ont “beaucoup à perdre” dans le scénario de la faillite, ont-elles commenté jeudi, regrettant un dossier judiciaire à rebondissement dans lequel le groupe GH aurait amené ces dernières années de nombreuses “surprises“, parfois jusqu’en salle d’audience.
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Entendu en fin d’audience, le procureur a clos la discussion du jour en indiquant qu’aucune des 22 sociétés concernées par les débats (ni Sogefibel, ni les 21 autres) ne faisaient actuellement l’objet d’une information judiciaire pour mauvaise gestion ou insolvabilité. Il soutient la demande de faillite des 21 sociétés.
L’audience était le fruit d’un débat précipité, vu le rejet de la requête en PRJ prononcé jeudi par la cour d’appel de Bruxelles à quelques minutes de l’audience sur la citation en faillite du groupe.
Jusqu’à jeudi, le groupe GH et l’homme d’affaires Gérald Hibert luttaient contre une mise en faillite de ses sociétés belges, défendant qu’une liquidation forcée de ses actifs immobiliers ferait chuter la valeur des biens dans les quartiers fortunés de la capitale, ce qui chamboulerait l’ensemble du paysage immobilier (commercial et résidentiel) de Bruxelles.
Le groupe GH, implanté en Belgique et en France, est propriétaire de 130 biens immobiliers, dont plusieurs immeubles situées à Bruxelles (boulevard de Waterloo, avenue de la Toison d’Or, autour de la Galerie Louise) à Anvers et à Paris, dont les surfaces commerciales sont louées par des boutiques de luxe. La section belge du groupe est en difficultés financières depuis la crise sanitaire du Covid-19, la crise énergétique, la hausse des taux d’intérêt et les mutations du marché immobilier.
Trois banques (ING Belgique, BNP Paribas Fortis et KBC Bank) réclament la faillite de 22 sociétés belges du groupe. Elles estiment qu’une mise en faillite procurerait un effet “bénéfique“, vu la situation de certains immeubles appartenant au groupe GH, “vides” et en “très mauvais état“, a indiqué le conseil des banques jeudi. Le pôle français du groupe n’est pas affecté par les défaillances du pôle belge, est-il par contre ressorti des débats jeudi.
Le pôle français, composé d’une cinquantaine de sociétés, permet de dégager un certain nombre de liquidités et de rembourser les dettes courantes, a rappelé Me Nicolas Vanderstappen, l’un des avocats du groupe GH. La vente d’une section “très conséquente” du pôle français serait aussi envisagée pour rembourser la dette du prêt F&F (“friends and family”) et stabiliser la situation financière du groupe. Cette dette s’élève à 100 millions d’euros, a cité l’administrateur provisoire Me Roman Aydogdu.
Belga