Affaire Reynders : PS, PTB et Ecolo demandent la création rapide d’une commission d’enquête parlementaire
Le chef de groupe PS à la Chambre, Pierre-Yves Dermagne, a réclamé mardi la mise sur pied rapide d’une commission d’enquête parlementaire après l’annonce d’une transaction pénale conclue avec la banque ING.
“On apprend aujourd’hui que la complicité de blanchiment de la banque ING est reconnue dans l’affaire Reynders et qu’elle a payé une transaction pénale de 1,6 million d’euros!“, a affirmé M. Dermagne dans un communiqué. “L’affaire Reynders, du nom de l’ancien président du MR ancien ministre des Finances, notamment, a éclaté il y a plus d’un an. Il est soupçonné d’avoir blanchi des centaines de milliers d’euros, entre autres via ING et la Loterie nationale. C’est d’ailleurs cette dernière qui a donné l’alerte face à un comportement jugé troublant de l’ancien ministre des Finances“.
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La commission des Finances a mené des auditions sur la façon dont les banques agissaient contre le blanchiment. Dans l’opposition, plusieurs députés ont jugé les explications fournies insatisfaisantes, des “demi-réponses“, selon les socialistes.
“Il faut aujourd’hui convoquer une commission d’enquête pour comprendre et corriger les mécanismes développés par certaines banques pour faciliter le blanchiment et corriger les terribles failles du contrôle et faire toute la lumière sur l’affaire Reynders. D’où vient l’argent? Combien? Comment est-ce possible de faire de telles transactions dans des banques soi-disant contrôlées?“, interroge le chef de groupe.
Au mois d’août, les députés Hugues Bayet et Khalil Aouasti ont déposé une proposition de création d’une telle commission. Au mois de janvier, à l’instigation du PTB, la commission des Finances s’était déjà penchée sur l’opportunité d’une commission d’enquête dans ce dossier, mais la majorité avait jugé une telle initiative prématurée.
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À la suite du PS, les communistes ont également remis mardi leur proposition sur la table. “Nous ne tolérerons pas que l’élite économique et politique échappe ainsi à son procès. Les citoyens méritent transparence et justice“, a dénoncé le député Julien Ribaudo qui a énuméré quelques questions sans réponse aujourd’hui. “Nous ne pouvons plus attendre de réponses d’ING, affirme Julien Ribaudo. Pour eux, ce chapitre est clos, mais nous voulons des éclaircissements, car toute cette affaire sent mauvais. S’agit-il d’argent public provenant de l’un des nombreux scandales dans lesquels Reynders était impliqué en tant que ministre, comme le Kazakhgate ? Pourquoi ING n’a-t-il pas signalé les versements suspects pendant des années ? Le lien étroit entre le monde économique (les banques) et le monde politique (Reynders) a-t-il joué un rôle ?“.
La possibilité de la conclusion d’une transaction pénale par Didier lui-même inquiète également le PTB. “Nous avons déposé une proposition visant à interdire aux hommes politiques de conclure un règlement à l’amiable. Chez les politiques, il s’agit la plupart du temps d’affaires impliquant de l’argent public. La victime, c’est alors la société. Dans ce cas, les citoyens ont d’autant plus droit à un procès public où toutes les questions trouvent une réponse“, a souligné M. Ribaudo.
Transaction pénale élargie
Ce mercredi, Ecolo a plaidé à son tour pour la création d’une commission d’enquête parlementaire. Selon les écologistes, cette transaction qui s’inscrit dans l’affaire Reynders pose de nombreuses questions. “Les citoyennes et citoyens ont droit à la transparence. Surtout si cette affaire touche à de l’argent public, ce qui fait de la société dans son ensemble la première lésée. On parle ici d’une affaire de blanchiment d’argent‘”, a rappelé la députée Sarah Schlitz.
Ecolo rappelle aussi son opposition depuis toujours à la transaction pénale élargie qui nourrit, selon lui, le sentiment d’une justice à double vitesse. “La transaction pénale ne peut pas devenir un outil permettant d’éviter le débat public et la recherche complète des responsabilités dans des dossiers d’intérêt général“, a expliqué la coprésidente Marie-Colline Leroy. “Une démocratie saine exige de la transparence et une égalité réelle devant la justice“.
Belga