À l’ULB, un chercheur développe des matériaux capables de s’auto-réparer
Et si les fissures dans le béton pouvaient disparaître d’elles-mêmes ? À l’Université libre de Bruxelles (ULB), Didier Snoeck, professeur et chercheur à l’École polytechnique de Bruxelles, travaille sur des matériaux capables de s’auto-cicatriser.Mais comment cela fonctionne-t-il concrètement ? Le principe repose sur l’utilisation de graphite et de soufre intégrés au matériau. “Avec le micro-ondes, on réchauffe le matériau et c’est le graphite qu’on a ajouté qui chauffe le soufre, qui se liquéfie et s’écoule dans la fissure. Après solidification, on a une fissure qui est complètement remplie”, explique Didier Snoeck. Environ 30 minutes suffisent pour permettre au matériau de se réparer.
Pour le chercheur, cette technologie pourrait avoir un impact important dans le secteur de la construction. “Ça va permettre de diminuer les coûts de maintenance parce qu’on ne doit plus réparer nous-mêmes le matériau, il se répare lui-même”, explique-t-il. Le procédé pourrait notamment limiter certaines interventions nécessaires pour réparer les fissures et prolonger la durée de vie des infrastructures.
Jusqu’à Mars et la Lune ?
Les applications envisagées ne se limitent toutefois pas au secteur de la construction. À terme, ces matériaux pourraient également être utilisés dans des environnements où les réparations sont particulièrement complexes, notamment lors de missions spatiales vers la Lune ou Mars.
Avant d’en arriver là, plusieurs étapes restent encore à franchir. Après les premiers essais réalisés en laboratoire, des tests à plus grande échelle devront permettre de confirmer l’efficacité du procédé. Didier Snoeck vise une mise au point de la technologie à l’horizon 2030. Pour poursuivre ses recherches et passer à une nouvelle étape, le chercheur souhaite désormais convaincre des industriels belges et européens de soutenir le développement de cette invention.
La rédaction – Photo : BX1