718e plantation du Meyboom : ce qu’il faut savoir avant l’événement
Ce dimanche 9 août, Bruxelles célébrera la 718e plantation du Meyboom. Coupé le matin, transporté à travers plusieurs communes puis porté jusqu’à la Grand-Place, l’« arbre de joie » devra être planté avant 17 h au croisement des rues des Sables et du Marais. Voici le programme, le parcours et l’histoire d’une tradition médiévale inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Chaque année, le même compte à rebours recommence. Le 9 août, les porteurs du Meyboom doivent conduire un arbre jusqu’au centre de Bruxelles et le planter avant que sonnent les 17 heures. Selon la tradition, tout retard ferait symboliquement passer ce privilège aux mains des Louvanistes.
L’édition 2026 sera la 718e plantation organisée depuis 1308. Géants, fanfare, porteurs de l’arbre et groupes folkloriques accompagneront le cortège dans les rues de la capitale. Une partie du parcours sera ouverte au public, tandis que certaines étapes matinales resteront réservées aux détenteurs de la tradition.
Une journée qui commence autour de l’arbre
La journée débute tôt pour les Bûûmdroegers, désignant les porteurs de l’arbre. Ils iront chercher le Meyboom avant de le charger sur un véhicule et de traverser plusieurs communes bruxelloises. Le programme annonce des passages par Etterbeek, Schaerbeek et Saint-Josse-ten-Noode, avant la présentation de l’arbre aux autorités de la Ville et au public.
► Voir notre reportage | Meyboom: le grand cortège une semaine avant la plantation
Le Meyboom est traditionnellement un hêtre feuillu. Dans une fiche du patrimoine culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il est même stipulé que l’arbre doit mesurer entre 12 et 13 mètres et peser au moins 600 kilos. Sa taille explique pourquoi plusieurs porteurs sont nécessaires pour le déplacer pendant le cortège.
À midi, un hommage sera rendu aux anciens présidents, aux Compagnons disparus et aux enfants du quartier des Bas-Fonds morts pour la patrie. Le cortège public s’élancera ensuite à 12 h 45, depuis le croisement des rues des Sables et du Marais.
Le programme et le parcours du cortège
Après le départ, les groupes folkloriques emprunteront la rue du Marais, la rue du Fossé aux Loups, la place de la Monnaie, le boulevard Anspach et la rue des Pierres pour rejoindre la Grand-Place. Le défilé des groupes y est prévu vers 14 h 10.
Le cortège reprendra ensuite la direction du quartier des anciens Bas-Fonds en passant par :
- la rue de la Colline ;
- la rue du Marché aux Herbes ;
- la rue de la Fourche ;
- la rue de l’Écuyer ;
- la rue Montagne aux Herbes Potagères ;
- puis le croisement des rues des Sables et du Marais.
Un peu avant 16 h 30, l’arbre devrait rejoindre le lieu de plantation. Les Bûûmdroegers devront alors le mettre en terre avant 17 h, sous les encouragements du public. Le parcours reste susceptible d’être modifié le jour même sur décision de la police.
Des perturbations possibles dans le centre
Le passage du cortège pourrait entraîner des ralentissements et des interruptions temporaires de la circulation dimanche après-midi. Les secteurs les plus concernés se situent entre les anciens Bas-Fonds, la place de la Monnaie, le boulevard Anspach et la Grand-Place, puis sur le trajet de retour vers les rues des Sables et du Marais.
Aucun plan officiel détaillant des fermetures de rues ou des déviations de la STIB n’a encore été publié. Les automobilistes devront néanmoins s’attendre à céder temporairement le passage au cortège entre 12 h 45 et 17 h. Les organisateurs rappellent que l’itinéraire peut être adapté en dernière minute sur décision de la police.
Les personnes qui souhaitent rejoindre le centre sont invitées à privilégier les transports en commun et à consulter les informations en temps réel de Bruxelles Mobilité, de la STIB et de PolBru avant leur déplacement.
La bataille historique de Louvain
L’origine du Meyboom se situe à la frontière entre le récit historique et le folklore. Selon la légende aujourd’hui racontée par la Confrérie des Compagnons de Saint-Laurent, tout commencerait en 1213, dans les anciennes guinguettes installées en dehors des remparts de Bruxelles. La bière y était moins chère, car elle échappait aux taxes perçues à l’intérieur de la ville.
Un groupe venu de Louvain aurait fait irruption dans l’établissement Het Cattenhuys, où se déroulait une noce bruxelloise. Une confrontation aurait alors opposé les Louvanistes aux convives. Les Compagnons de Saint-Laurent, associés aux arbalétriers bruxellois, seraient intervenus pour défendre les personnes présentes et repousser les assaillants. Cet affrontement est souvent présenté comme une « victoire de Bruxelles sur Louvain ».
► Voir notre reportage | Meyboom : une 717ème édition avec quelques couacs, mais sous le soleil
Il convient toutefois de parler de légende fondatrice, et non d’une bataille militaire parfaitement documentée. En effet, toutes les sources ne livrent pas exactement le même récit. Certaines évoquent une dispute entre Bruxellois et Louvanistes autour de la bière, tandis que d’autres traditions parlent d’arbalétriers défendant Bruxelles contre des Gantois. Les organisateurs reconnaissent eux-mêmes que plusieurs récits et anachronismes ont progressivement nourri la légende du Meyboom.
En récompense de cette intervention, la Guilde de Saint-Laurent aurait reçu le droit de planter chaque année un « arbre de joie ». La date aurait été fixée au 9 août, veille de la Saint-Laurent, patron de la confrérie. La plantation annuelle n’est toutefois attestée que depuis 1308, près d’un siècle après les événements légendaires de 1213.
Une tradition ancienne, mais pas connue de tous les Bruxellois
« Je n’en ai jamais entendu parler », « cela me dit quelque chose » ou encore « je vois ce que c’est, mais je n’y suis jamais allé ». Parmi les passants bruxellois interrogés à la veille de l’événement, beaucoup connaissaient peu le Meyboom, voire pas du tout.
Bien que ces témoignages ne permettent pas de mesurer la notoriété de la tradition auprès de l’ensemble de la population bruxelloise, ils révèlent néanmoins un contraste. Malgré ses 718 éditions et sa reconnaissance comme patrimoine culturel immatériel, le Meyboom reste parfois méconnu en dehors des cercles folkloriques et des habitants familiers du centre-ville.
L’événement continue pourtant de se transmettre grâce aux Compagnons de Saint-Laurent, aux porteurs de l’arbre, aux géants et à la fanfare. Le cortège de dimanche sera donc aussi l’occasion, pour certains Bruxellois, de découvrir pour la première fois une tradition qui se rejoue chaque année au cœur de leur ville.
Les figures du cortège
Les porteurs de l’arbre ne défileront pas seuls. Le cortège rassemble plusieurs groupes qui assurent chacun une fonction dans la transmission de la tradition.
Les Bûûmdroegers transportent le Meyboom. Les Gardevils veillent symboliquement à la sécurité de l’arbre et du cortège. Les Poepedroegers portent les géants, tandis que la fanfare accompagne la procession. Les Compagnons de Saint-Laurent organisent la journée et perpétuent le cérémonial.
Neuf géants participent traditionnellement au Meyboom. Ils représentent notamment des figures populaires liées à l’ancien quartier des Bas-Fonds. Le cortège accueille aussi d’autres groupes folkloriques, des charrettes et la Roue de la Fortune.