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30 ans après la Marche Blanche, comment Child Focus a évolué

Il y a 30 ans, plus de 300.000 personnes ont défilé dans les rues de Bruxelles pour réclamer une justice plus efficace et soutenir les familles de Julie, Mélissa, An, Eefje, Laetitia et Sabine, ainsi que tous les enfants victimes de violences. De par son ampleur, la “Marche Blanche” a précipité la mise en place d’une commission parlementaire sur les dysfonctionnements de l’enquête Dutroux. La Fondation pour enfants disparus et sexuellement exploités (Child Focus) est également née de cette mobilisation.

■ Reportage de Valentine Rolus

Éline réceptionne les appels de la ligne d’urgence de Child Focus. Au bout du fil, la police ou un parent voulant signaler une disparition. L’organisation s’occupe aussi des cas de pédophilie, une problématique qui concerne de nombreux appels. “On a de plus en plus de cas de sextortion, de grooming, d’images non consensuelles qui sont partagées“, explique-t-elle. “Ça monte exponentiellement, malheureusement.”

Créée dans la foulée de la marche blanche en 1998, Child Focus compte aujourd’hui plus de 70 travailleurs à son siège de Bruxelles. Si aujourd’hui les objectifs sont toujours les mêmes, ils se sont élargis. Et l’organisation doit faire face à de nouveaux défis. “Bien évidemment, la connexion, le monde digital avec les réseaux sociaux, ce sont beaucoup de points positifs pour nos enfants, mais aussi des risques qui sont plutôt nouveaux comparés avec il y a 30 ans”, contextualise la directrice de Child Focus Nel Broothaerts. “Mais il n’y a pas que ça. On voit que la pression sur la santé mentale de nos jeunes a aussi très fort augmenté. Et ça, c’est quand même aussi quelque chose à ne pas négliger.”

► Voir aussi | Il y a 30 ans, 300.000 personnes marchaient en blanc à Bruxelles après l’affaire Dutroux

En 30 ans, la société a donc bien évolué, mais la recherche des enfants disparus s’est largement professionnalisée. “Une disparition d’enfant est aujourd’hui clairement mieux prise en charge qu’il y a 30 ans. Les parents, les proches étaient pris beaucoup moins au sérieux, par exemple. Aujourd’hui, ça c’est très différent”, ajoute la directrice. “En Belgique, la gestion des disparitions des enfants, la protection des enfants sont quand même très haut sur l’agenda sociétal et politique. Et ça, c’est très positif.”

Depuis sa création en 1998, Child Focus a traité plus de 85.000 dossiers d’enfants disparus ou exploités sexuellement.