L’IA et l’emploi : “Il faut conserver une prise de décision humaine”
L’IA révolutionne déjà notre quotidien. Son emploi touche tous les domaines. Celui du recrutement n’est donc pas épargné. Et que se passera-t-il si elle remplace l’humain dans de nombreuses tâches ? Est-ce la fin du financement de notre sécurité sociale ? Autant d’interrogations abordées dans deux ouvrages : “Le dernier salaire, l’intelligence artificielle et la fin du pacte social” de Bruno Colmant et “Le recrutement sous dictature artificielle” de Vincenzo Carrabs. Ils étaient tous les deux dans Bonsoir Bruxelles.
Dans l’ouvrage de Vincenzo Carrabs, l’IA est analysée dans le domaine des ressources humaines et plus précisément du recrutement. Si son utilisation facilite le classement des CV, elle peut aussi engendrer une uniformisation des profils sélectionnés. L’intuition, le feeling envers un candidat passe alors au second voire au dernier plan. L’humain doit donc démontrer sa plus-value. Dans Le dernier salaire, Bruno Colmant, vous posez la question de comment nos États peuvent absorber le choc de l’IA puisqu’elle risque de déplacer la valeur du travail vers le capital et donc de fragiliser notre sécurité sociale.
“Il y aura certainement des emplois qui vont disparaitre, mais en même temps, l’humain restera essentiel. L’intuition éduquée sera indispensable, explique Bruno Colmant. Les gains de productivité sont absorbés par le capital. Nous vivons la même chose que lors du machinisme que maintenant.”
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Pour le recrutement, l’IA est déjà très utilisée, notamment aux États-Unis. Le problème est qu’elle reproduit des biais et peut effacer des profils qui ne sont pas standards. En Europe, cela n’existe pas encore et la part subjective est moins présente et doit être justifiée. Cela a forcément des répercussions sur les embauches.
Selon une étude de la Banque de France, depuis novembre 2022, les embauches en CDI des 21-29 ans ont chuté de 28,3 % en France. Cela touche particulièrement les développeurs, les juristes, les traducteurs et aussi les journalistes. L’IA peut remplacer un profil junior plus facilement. Les entreprises sont aussi en phase d’attente et d’observation du développement de l’intelligence artificielle. Quant aux jeunes, les formations doivent s’adapter, ils doivent aussi apprendre à utiliser l’IA pour apporter une plus-value. Mais il semble compliqué de devenir senior alors qu’on n’a jamais pu être junior. “Il y a 40 % qui n’exercent pas leur métier dans ce qu’ils ont étudié. Je leur conseillerais d’apprendre sur le terrain, ajoute Vincenzo Carrabs. Il ne doit y avoir que de la théorie, mais de la pratique.”
► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 17h à 19h
■ Une interview de Vincenzo Carrabs et Bruno Colmant au micro de Fabrice Grosfilley et Vanessa Lhuillier dans Bonsoir Bruxelles