Le SNI opposé à l’élargissement des heures d’ouverture des magasins : “ce sont les plus forts qui emportent la mise”
Le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) indique qu’il est furieux après la suppression de l’obligation de fermeture hebdomadaire des commerces, validée vendredi par le conseil des ministres. Il considère que la mesure n’engendre que des coûts supplémentaires.
Sur proposition de la ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME, Eléonore Simonet, le conseil des ministres a approuvé vendredi en deuxième lecture la suppression de l’obligation de fermeture hebdomadaire des commerces. Les magasins pourront donc ouvrir 7 jours sur 7 et jusqu’à 21h, s’ils le souhaitent.
Le SNI décrit une décision “irraisonnée”, qui aura un impact négatif “considérable” sur la vie privée de nombreux petits commerçants indépendants. “L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée sera complètement bouleversé sans revenus supplémentaires.”
Pour Christophe Wambersie, porte-parole du SNI, la mesure profitera avant tout aux acteurs les plus puissants. “Dans le commerce, il y a différentes forces en présence : les grandes surfaces, l’e-commerce, le commerce indépendant. À partir du moment où tout le monde est mis sur les mêmes règles, ce sont les plus forts et les plus costauds qui emportent la mise”, explique-t-il.
Selon lui, ouvrir sept jours sur sept représente un coût supplémentaire que le commerçant indépendant ne peut pas absorber — d’autant que la législation lui permettait déjà d’ouvrir le dimanche s’il le souhaitait. “Ce n’est vraiment pas une avancée”.
L’organisation juge par ailleurs que l’argument selon lequel l’ouverture resterait facultative est “fallacieux”. “Il est évident qu’ils devront suivre pour rester compétitifs, sinon les petits indépendants seront désavantagés.” La mesure ne fera selon le SNI que répartir les achats sur des périodes plus longues, sans générer de revenus supplémentaires pour le commerce de détail dans son ensemble.
Le texte entrera en vigueur après le vote au Parlement qui, selon le cabinet de la ministre, aura lieu d’ici cet été.
Belga et Rédaction