Découvrez   

Une peine de 4 ans de prison au moins requise à l’encontre de Robert Spatz

L’avocat général Jean-François Godbille a requis, mardi après-midi, la culpabilité du chef spirituel de la communauté bouddhiste Ogyen Kunsang Choling (OKC), Robert Spatz, pour des faits d’escroquerie, de blanchiment d’argent et de viol. Il a estimé que la peine de 4 ans de prison prononcée en première instance devait au minimum être confirmée, voire aggravée d’un an supplémentaire.

Dans ce dossier, l’OKC, quelques-uns de ses membres et son chef spirituel Robert Spatz sont prévenus entre autres pour des délits financiers, des infractions à la législation du travail mais aussi pour prise en otage d’enfants. L’avocat général Jean-François Godbille a requis, au terme d’un réquisitoire de 6 heures, la culpabilité de Robert Spatz pour diverses préventions touchant à la manière dont il a géré l’OKC, une communauté religieuse qu’il avait fondée dans les années 1970 à Bruxelles. L’avocat général a décrit l’intéressé comme le gourou d’une secte, comme “un imposteur, un escroc, un esclavagiste des temps modernes et un violeur”. Il a soutenu que cet homme avait soutiré des sommes d’argent importantes aux adeptes de l’OKC et avait ensuite blanchi cet argent. Il a aussi considéré qu’il avait contraint les adeptes à travailler bénévolement dans des restaurants et des magasins qui généraient des bénéfices importants.

L’avocat général a également requis une peine de 2 ans de prison avec sursis à l’encontre de Jeanne B., qui a secondé Robert Spatz dans ses activités, et notamment dans ses opérations financières. Il a ensuite requis la suspension du prononcé concernant l’épouse et le fils de Robert Spatz ainsi qu’un membre de l’OKC qui avait agi comme comptable au sein de celle-ci. Enfin, l’avocat général a requis la confiscation de tous les biens immobiliers de l’ASBL OKC et de Robert Spatz, estimant qu’ils ont été acquis grâce à des fonds issus d’infractions.

Plusieurs infractions à la législation du travail et une plainte pour viol

Selon le ministère public, sur le plan des infractions à la législation du travail, il apparaît clairement des rapports d’enquête que les différentes sociétés qui géraient les restaurants et les magasins avaient été créées pour permettre à l’ASBL OKC d’avoir des activités lucratives. Selon lui, les personnes qui travaillaient dans ces établissements auraient dû être soumises à la législation du travail. Elles auraient dû agir dans le cadre de contrats, bénéficier d’un salaire et d’une assurance maladie-invalidité, car tout montre qu’elles y travaillaient sous les ordres de quelqu’un, “quitte à reverser ensuite une partie de leur salaire sous forme de dons à la communauté OKC”, a ajouté l’avocat général. Le représentant du ministère public a également demandé de déclarer la prévention de prise en otage d’enfants entre 1999 et 2009 établie à charge de l’ASBL OKC, ainsi que celle d’organisation criminelle. “Cette façon d’arracher des enfants à leurs parents est d’une violence morale totale! On a trompé ces parents, ces adeptes de l’OKC qui auraient tout fait plutôt que perdre leur vie spirituelle. On a abusé de leur crédulité”, a-t-il dit.

Enfin, l’avocat général a requis la culpabilité de Robert Spatz pour le viol d’une jeune femme de la communauté OKC. Même si celle-ci s’est par la suite rétractée, affirmant qu’elle était amoureuse de Robert Spatz et qu’elle avait déposé plainte sous le coup de la colère et de la frustration, le contexte de dévoilement des faits est clair, d’après le ministère public. “Ce qu’elle décrit lors de sa plainte, mais aussi à ses parents et à un psychiatre, correspond au modus operandi que d’autres victimes ont décrit”, a-t-il dit. Plusieurs autres femmes avaient en effet affirmé avoir été abusées sexuellement par Robert Spatz lors de rituels tantriques.

Belga

Partager l'article

25 avril 2018 - 07h30
Modifié le 25 avril 2018 - 07h45