Malgré un hébergement d’urgence sous pression, pas de plan “froid extrême” cet hiver à Bruxelles
Des places supplémentaires ne seront pas créées dans le réseau d’accueil d’urgence cet hiver.
Les températures commencent à chuter en ce début de mois de novembre. C’est généralement à cette période que la Région bruxelloise lance son plan “froid extrême”, visant à augmenter le nombre de places disponibles dans les abris d’urgence pendant les mois les plus froids de l’année. Mais cette année, en raison des restrictions budgétaires, cela ne sera pas le cas, annonce le cabinet du ministre Dirk De Smedt (Anders), cité par Bruzz. Comprenez : des places supplémentaires dans les abris d’urgence ne seront pas créées.
En revanche, le cabinet rappelle que des places créées lors de précédents plans “grand froid” dans deux abris d’urgence – le centre Marie Curie à Anderlecht et le centre Plasky à Schaerbeek – sont maintenues au moins jusqu’à la fin de l’année pour éviter que des familles avec enfants ne se retrouvent à la rue.
Un réseau d’accueil saturé
Selon le dernier dénombrement de Bruss’help, la fédération bruxelloise des associations d’aide aux sans-abri, Bruxelles comptait en 2024 près de 10.000 personnes “sans chez-soi” (à savoir, des personnes ne disposant pas de leur propre logement), dont 1.000 dormaient dans la rue.
Les capacités d’accueil sont saturées depuis des années. Les centres d’hébergement d’urgence, visant à apporter des solutions à court terme, disposaient en octobre dernier de 2.865 places.
Le Samusocial, en charge de ce type d’hébergement, illustre la pression sur ce réseau d’accueil : ce jeudi 5 novembre, six familles ont du être refusées sur un total de neuf demandes, 18 femmes sur un total de 61 et 120 hommes sur un total de 152.
Un budget fédéral de plus en plus réduit
En 2022, face au manque de places dans le réseau d’accueil classique de Fedasil pour les demandeurs d’asile, le gouvernement De Croo a décidé de mettre en place le “Brussels Deal” pour augmenter le nombre de places d’accueil dans les centres d’hébergement d’urgence. Un budget annuel de 42 millions d’euros a été alloué au financement de 2.000 places à Bruxelles.
Mais ce dispositif et son financement sont dans le viseur de la ministre de l’Asile et de la Migration. Anneleen Van Bossuyt (N-VA) assure que la politique migratoire du gouvernement Arizona a réduit le nombre de personnes sur les listes d’attente. Elle estime par ailleurs que ce n’est pas au fédéral de prendre en charge le problème du sans-abrisme à Bruxelles. Elle a donc annoncé l’été dernier réduire le budget du Brussels Deal de 42 millions à 19 millions d’euros et supprimer 1.000 des 2.000 places financées par ce dispositif. L’idée de la ministre, à terme, est de mettre fin à ce dispositif.
Première conséquence de cette réduction de budget et de places, le centre BelRefugees Amran, qui hébergeait 66 jeunes, a fermé ses portes en août. Fin septembre, le centre WTC, qui proposait 130 places pour hommes célibataires, a également fermé. On ignore encore si ces centres pourront rouvrir. L’avenir des 700 à 800 places restantes, dont le sort est toujours en discussion, demeure très incertain.
Les associations ont plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences d’une telle restriction de la capacité d’accueil à Bruxelles.
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V.d.T. – Photo : BX1