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Crise gouvernementale: Bart De Wever a rendez-vous chez le Roi ce vendredi matin

Ce vendredi, Le roi Philippe s’entretiendra avec le Premier ministre. Acceptera-t-il la démission de Bart De Wever ou donnera-t-il un délai supplémentaire au gouvernement pour conclure un accord sur le budget?

Le Premier ministre, Bart De Wever, n’a pas laissé entrevoir la suite des événements après la démission qu’il a présentée lundi au Roi. Mais devant la Chambre, il a toutefois confirmé que l’année prochaine commencerait sous le régime des douzièmes provisoires, faute d’accord budgétaire: “un échec cuisant pour le gouvernement”, a-t-il commenté.

Le Roi a tenu sa décision en suspens le temps de recevoir en audience les présidents des partis de la majorité. Il a bouclé ses consultations ce jeudi midi. Vendredi, il s’entretiendra avec le Premier ministre. Acceptera-t-il la démission de Bart De Wever ou donnera-t-il un délai supplémentaire au gouvernement pour conclure un accord sur le budget? La deuxième solution semble la plus probable mais le chef du gouvernement n’a pas donné d’indication. Il s’est contenté de confirmer le rendez-vous. “Nous verrons alors comment les choses pourront évoluer dans les jours et les semaines à venir“, a-t-il dit.

Bart De Wever n’a pas renoncé à l’ambition d’aboutir à un accord sur une trajectoire budgétaire pluriannuelle pour éviter une dégradation majeure des finances publiques. “Je veux uniquement être le Premier ministre d’un gouvernement qui fasse de cette mission sa priorité, sinon cela n’a aucun sens“, a-t-il averti.

> Bart De Wever confirme le recours aux douzièmes provisoires: “Un échec cuisant pour le gouvernement fédéral”

Les virulentes critiques de l’opposition

Aucun député de la majorité ne s’est exprimé. L’opposition, en revanche, n’a pas ménagé le Premier ministre. “On était inquiet, on n’est pas rassuré“, a ironisé le président du PS, Paul Magnette. “On a l’impression que vous avez déjà jeté l’éponge“. Les socialistes ont accusé le nationaliste d’avoir aggravé la situation depuis qu’il est entré en fonction et de ne proposer aucune perspective. “Un Premier ministre, ça donne de l’espoir, ça porte un projet, et c’est ce que nous ne faites pas“. “S‘il y avait aujourd’hui des ‘midterms’, vous perdriez votre majorité. Vous n’avez pas intérêt à aller aux élections. Votre seule alternative, c’est de continuer à négocier avec cet attelage boîteux. Mais écoutez au moins ce que dit la population“, a affirmé Sarah Schlitz (Ecolo-Groen). L’écologiste au même titre que le PS et le PTB a appelé à une plus grande justice fiscale et à la contribution des “épaules les plus larges”, l’une des pierres d’achoppement des négociations. “Aujourd’hui, le blocage porte sur les épaules les plus larges. C’est le tabou de la rue de la Loi: taxer les super riches”, a lancé Raoul Hedebouw (PTB).

Dans les couloirs de la Chambre, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a rejeté le scénario d’une chute du gouvernement. “Aller aux élections, ce serait la pire des choses pour le pays”, a-t-il averti, assurant que “l’ensemble des partenaires du gouvernement veulent continuer“. Le libéral francophone a aussi contesté les accusations d’une “irresponsabilité” qui aurait mené à la situation actuelle. “Ce n’est pas une situation qui est due à l’irresponsabilité mais à une réalité économique que l’on n’aborde pas de la même manière suivant les formations politiques“.

A l’entendre, les dégradations successives de la croissance économique et l’inflation ont modifié la donne depuis la formation du gouvernement. “La logique voudrait que l’on puisse revoir certains éléments“, a fait remarquer M. Bouchez.

avec Belga