“Limiter les allocations à deux ans pour un burn-out peut être contreproductif pour le patient”
Parmi les propositions mises sur la table pour trouver 10 milliards d’euros au niveau du fédéral, il y avait la limitation des allocations de maladie à deux ans pour les personnes atteintes de burn-out. Cette proposition du premier ministre, Bart De Wever (N-VA), a suscité de nombreuses réactions, notamment de la part du monde médical. Mélissa Rigot, chargée de communication pour l’ASBL SOS Burn-out Belgique, et Thomas Otte, expert en incapacité de travail pour les Mutualités libres (Partenamut), étaient les invités de Bonsoir Bruxelles.
La proposition de Bart De Wever consiste en une limitation à 2 ans des allocations maladies pour les personnes atteintes d’un burn-out. Passé cette période, elles auraient donc deux choix : retourner sur le marché de l’emploi ou passer sous un autre régime comme demander un revenu d’intégration sociale auprès de leur CPAS. À la fin de 2025, plus de 155.000 personnes étaient incapables de travailler depuis plus d’un an en raison d’une dépression ou d’un burn-out, ce qui représente un quart des malades de longue durée. Depuis 2021, c’est une augmentation de 32 %.
Entre 2021 et 2025, le nombre de personnes en invalidité pour dépression ou burn-out a augmenté de 61,5 % chez les moins de 30 ans et de 54 % chez les 30-34 ans. Les femmes sont plus touchées par le burn-out que les hommes et les plus jeunes sont de plus en plus atteints. Ces chiffres sont confirmés chez les affiliés de Partenamut. “L’important est de se faire accompagner, car il existe plusieurs stades dans l’épuisement, explique Mélissa Rigot. Les premiers signes peuvent être des maux de tête, de dos, un épuisement, des troubles cognitifs.”
Chaque année, cette maladie coûte 900 millions à l’Inami chaque année. Si on ajoute les problèmes de santé mentale, le montant s’élève à 2,6 milliards d’euros.
Souvent les personnes sont dans un état assez avancé lorsqu’elles voient le médecin-conseil pour la première fois. “Souvent quand la personne est en burn-out, c’est une personne qui est investie dans son travail et qui a attendu pour s’arrêter, ajoute Thomas Otte. 73 % de nos membres retournent au travail dans la première année, mais pour d’autres personnes, deux ans ne suffiront pas. Cela ajoute donc une pression supplémentaire sur le patient et cela peut être contreproductif.”
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■ Une interview de Mélissa Rigot et Thomas Otte au micro de Fabrice Grosfilley et Vanessa Lhuillier dans Bonsoir Bruxelles