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Manifestation étudiante: “Le premier acteur de la violence, c’est l’État”

Les 9 et 12 octobre dernier, les jeunes ont manifesté dans les rues de Liège et de Bruxelles pour exprimer leurs revendications concernant l’état de l’enseignement en Fédération Wallonie Bruxelles. Lors de ces événements, la répression policière a été musclée contre les casseurs venus se mêler aux jeunes, mais aussi envers certains élèves. Quelques semaines après, la Fédération de Centres d’Information et de Documentation pour Jeunes (CIDJ), ainsi que plus de 30 signataires issus de l’ensemble du secteur socio-culturel, parmi lesquels le Défenseur des droits de l’enfant, le Service droit des jeunes, La Ligue des familles et le Forum des jeunes, publient une tribune. Sa représentante ainsi que deux jeunes étaient les invités de Bonsoir Bruxelles.

Dans cette tribune, les auteurs rappellent que l’expression de leurs revendications relève d’un cadre démocratique fondamental, à savoir le droit de manifester et, pour les jeunes, le droit de prendre part aux discussions sur des décisions qui les concernent directement. Ils reviennent sur l’usage de la force des policiers qu’ils jugent disproportionné. Ils demandent que les actes soient examinés en toute transparence et de manière objective. Enfin, les auteurs ne justifient pas les dégradations commises mais demandent qu’elles soient analysées dans un contexte de violence institutionnelle. “Le rendez-vous avec la jeunesse a été raté depuis un moment car les manifestations avaient déjà démarré en juin dernier, rappelle Nausicaa Maugé du CIDJ. Nous espérons qu’ils vont écouter les jeunes à présent.”

► Lire aussi : Des associations dénoncent les violences policières lors des manifestations: “La jeunesse a le droit d’aller dans la rue revendiquer ses droits” 

Pour les jeunes, les politiques n’ont pas répondu à leurs attentes et la police a répondu avec une violence excessive. “La présence policière a fait peur à certains jeunes, ajoute Guillaume Gossens, étudiant en première médecine. Les professeurs ont fait des cordons de protection pour protéger des personnes qui sont mineurs.” Les étudiants condamnent la violence et les casseurs, mais ils mettent cette violence en face de la violence institutionnelle.

“Les médias mettent en avant les 1% de ce qui se passe dans les rues alors qu’ils ne relaient pas les revendications et la présence de manifestants pacifiques, explique Lawratou Camara, élève de rhéto en région bruxelloise. Le premier acteur de la violence, c’est l’État. Il doit se demander ce qu’il a raté pour en arriver là. Vous croyez que ce n’est pas violent d’aller à l’école et de ne pas avoir des cuvettes à la toilette ? Ce n’est pas violent de m’avoir arraché mon rêve de devenir éducatrice ?”

► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 17h à 19h

■ Une interview de Nausicaa Maugé, Lawratou Camara et Guillaume Gossens au micro de Fabrice Grosfilley et Vanessa Lhuillier dans Bonsoir Bruxelles