Conditionner l’aide sociale à un suivi médical: le secteur exige le retrait de la réforme
Les réseaux de lutte contre la pauvreté et les centres d’expertise en assuétudes réclament la suspension de la deuxième version de la réforme du “projet individualisé d’intégration sociale” (PIIS), qui obligerait les personnes dépendantes à se soumettre à un suivi médical pour bénéficier d’une aide sociale. “Ni réaliste ni pragmatique ni éthique“, estiment mercredi les organisations dans un communiqué commun.
Le Réseau belge de lutte contre la pauvreté (BAPN) et plusieurs fédérations du secteur (Féda BXL, Fédito wallonne, VAD et VVBV) s’opposent à ce texte, jugeant qu’il cible les personnes en situation de pauvreté de manière disproportionnée. La réforme obligerait les bénéficiaires d’un revenu d’intégration sociale (RIS) soupçonnés d’addiction par un travailleur social à se soumettre à un examen médical et à un parcours de soins sous peine de perdre leur aide.
Les organisations constatent que la réforme ne tient pas compte des écueils qu’elles avaient exposés à la ministre en charge de l’Intégration sociale, Anneleen Van Bossuyt, lors d’une rencontre en juin.
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“Là où nous dénoncions une vision moralisatrice des assuétudes, à l’encontre de tout consensus médical, le gouvernement persiste et signe en supprimant la possibilité d’évoquer l’addiction comme raison de santé ou d’équité“, regrettent-elles à la lecture du nouveau texte.
Selon les fédérations, subordonner l’aide des centres publics d’action sociale (CPAS) à des conditions médicales porte atteinte à une série de droits fondamentaux, ainsi qu’à l’éthique médicale. Elles soulignent que l’assuétude est un trouble psychique grave, qui ne devrait pas être traité différemment d’autres pathologies.
Les signataires pointent également un manque de pragmatisme : cette obligation risque de fragiliser les soins et d’augmenter la pression sur les CPAS déjà saturés. Ils demandent dès lors de suspendre le projet afin de consulter les représentants des patients, des ayants droits des CPAS et de se concerter avec les entités fédérées.
Belga