Repas scolaires: la Ligue des Familles répond à Valérie Glatigny à propos de leur étude
La Ligue des familles et le collectif École à table déplorent que la ministre de l’Éducation en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), Valérie Glatigny, se concentre sur des considérations méthodologiques plutôt que sur les conséquences de la suppression de la gratuité des repas scolaires dans les écoles sur les élèves les plus défavorisés.
Les deux organisations défendent la rigueur de leur étude, qui fait état d’une chute de 68% de l’accès aux repas chauds dans les établissements concernés, et appellent les autorités à agir.
Interrogée lundi en commission du Parlement de la FWB, la ministre a estimé que même si ses résultats sont pris au sérieux, cette enquête ne constituait pas un monitoring fiable, car basée sur “quelques écoles volontaires”.
Une affirmation que contestent les associations, soulignant avoir obtenu 169 réponses sur les 330 directions concernées (soit 51%). Selon les associations, la représentativité de cet échantillon a été vérifiée et la méthodologie transmise à la ministre dès la publication de l’étude.
La Ligue des familles et École à table réfutent également les chiffres budgétaires de la ministre. Si Valérie Glatigny évoque 14 millions d’euros supplémentaires injectés dans le fonctionnement des écoles, les organisations pointent la suppression d’une enveloppe spécifique de 21,4 millions d’euros, compensée par seulement 8,2 millions répartis entre deux fois plus d’établissements. Le subside par repas passerait ainsi de 3,70 à 0,43 euro.
En conséquence, 55.300 enfants de milieux défavorisés ont un accès fragilisé à une alimentation saine, 78% des directions constatant le retour de la faim ou d’une nourriture de mauvaise qualité. Les organisations réclament un nouveau programme d’alimentation scolaire ciblé.
Valérie Glatigny a toutefois rappelé que les allocations familiales devaient permettre aux parents de financer ces repas, concluant que “le budget des écoles, ce n’est pas le premier moyen de lutte contre la pauvreté”.