“Il faut un plan global concertés avec toutes les entités fédérées et locales pour lutter contre les stupéfiants”
Après le décès du policier Nordine El Talbi dans l’exercice de ses fonctions, le temps est au recueillement, mais également au questionnement. N’est-il pas temps de passer la vitesse supérieure dans la lutte contre le crime organisé et le trafic de drogues dans la capitale, voire même à l’échelle de tout le pays ? Le procureur général de la cour d’appel de Bruxelles, Frédéric Van Leeuw et le bourgmestre de Saint-Gilles, Jean Spinette (PS), en débattaient dans Bonsoir Bruxelles.
Le nombre de fusillades a augmenté. Selon les chiffres de Safe.Brussels pour 2024, il y en a eu 92, soit une augmentation de 64% par rapport à 2022. Rien que sur les 8 premiers mois de cette année, on enregistre 66 fusillades. 3 ont été mortelles. Par contre, les faits pour détention illégale d’armes et de port ou de transport illégal d’armes stagnent. Nous sommes aux alentours des 1 000 dossiers par an. Cela représente 15% des infractions pénales.
De nombreuses affaires concernent le tribunal de la jeunesse, avec une hausse de 24% entre 2023 et 2024. Si nous relions cela aux affaires de stupéfiants, nous pouvons dire que les résidus de cocaïne dans les eaux usées ont doublé en 2 ans. Les faits de détention ou d’usage se concentrent principalement dans le centre-ville, le quartier Nord, la gare du Midi et les communes du nord-ouest de la capitale.
“On n’avait pas autant d’incidents de tirs quand j’ai commencé, explique Frédéric Van Leeuw. La médiatisation est très différente, mais la grosse problématique est celle des mineurs. La situation est compliquée pour notre jeunesse et à un moment, si on n’investit pas, il y a une partie qui dévie.”
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Depuis ce mardi, les policiers sont en deuil. Les policiers doivent patrouiller par deux et avec des gilets pare-balles. “C’est atterrant de voir qu’on peut se procurer des armes lourdes assez facilement, ajoute Jean Spinette. Les délinquants se moquent du contexte lorsqu’ils tirent. Cela a profondément changé.”
“Notre système est un système de lasagnes institutionnelles, commente Frédéric Van Leeuw. Certains niveaux comme la prévention sont au niveau des entités fédérées. Je n’ai pas encore vu une unité de concertation où l’on parle avec les entités fédérées et les communautés locales dans laquelle on parle d’un plan global de lutte contre la drogue. Les approches d’aide à la jeunesse sont différentes selon la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. Moi, je suis le pompier, il faut faire en sorte que les incendies ne démarrent pas.”
► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 17h à 19h
■ Une interview de Frédéric Van Leeuw et Jean Spinette au micro de Fabrice Grosfilley et Vanessa Lhuillier dans Bonsoir Bruxelles