“Je ne tolèrerai jamais que l’on casse la ville”: Philippe Close assume la technique de la nasse, malgré son illégalité
Bien que cette technique ait été jugée illégale dans un jugement de 2025, la police de la Ville de Bruxelles continue de faire usage de la technique de la nasse lors de certains rassemblements. Le bourgmestre justifie cette méthode par la nécessité d’isoler les casseurs des manifestants.
La semaine dernière a été marquée par plusieurs mouvements sociaux en Belgique, dont une manifestation nationale contre les mesures socio-économiques décidées par le gouvernement Arizona vendredi. Des affrontements entre casseurs et forces de l’ordre ont eu lieu en marge de cette manifestation, mais de nombreux témoignages font aussi état d’un usage disproportionné de la force par la police à l’encontre de la manifestation elle-même, alors que celle-ci se déroulait dans le calme. Certains manifestants témoignent notamment de l’usage de la nasse, une technique policière qui consiste à bloquer et enfermer un groupe de personnes dans un périmètre restreint sans les laisser sortir. L’une des équipes de BX1 a également été témoin de cette technique lors des heurts de ce lundi aux abords de la gare du Midi.
En mars 2025, le tribunal de première instance de Bruxelles a jugé cette technique illégale, estimant que “la technique policière de confinement ne faisait l’objet en droit belge d’aucun encadrement légal spécifique“. L’affaire est en appel, mais le jugement reste exécutoire dans l’attente d’une décision. Cette méthode continue donc pourtant d’être utilisée par les forces de l’ordre. Interrogé ce lundi, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS), le chef de la police, assume : “On doit par moment isoler les personnes qui viennent manifester – ce qui est un droit démocratique important – des personnes qui veulent casser la ville. Je ne tolèrerai jamais que l’on casse la ville.”
Face à l’usage de cette technique qui perdure, la Ligue des droits humains a décidé, aux côtés de cinq victimes, d’assigner à nouveau la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles et le bourgmestre en justice. L’audience devant le tribunal de première instance a lieu ce jeudi.
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