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Le GAMS manifeste contre les mutilations génitales

Une cinquantaine de femmes issues de la diaspora africaine ont réclamé, samedi lors d’une manifestation au Carrefour de l’Europe à Bruxelles, la fin des mutilations génitales pratiquées sur les femmes et les jeunes filles africaines. Elles demandent dès lors aux autorités belges et à la Commission européenne de faire pression sur les pays africains – tels que le Ghana ou la Guinée – pour faire cesser ces pratiques.

“En Belgique, aujourd’hui, 12.000 filles risquent de subir des excisions lorsqu’elles se rendent dans leur pays d’origine“, pointe le GAMS (Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles féminines).

Par cette action, ce groupe de femmes souhaite alerter, à la veille de la Journée internationale des droits des filles, sur le fait qu’à ce jour, d’innombrables femmes – tant dans les pays africains qu’en Belgique – sont exposées au risque de mutilations génitales. Elles insistent sur la nécessité de mettre fin à cette pratique.

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La députée fédérale PS Lydia Mutyebele Ngoi déplore en ce sens le manque d’action de la Belgique et de la Commission européenne pour accroître la pression sur les pays concernés. Cette situation perdure alors même que 24.000 femmes africaines vivant en Belgique ont déjà subi des excisions et que 12.000 jeunes filles sont menacées. “De nombreuses femmes en Belgique ont vécu cela ou courent ce risque. Il est urgent de faire évoluer les mentalités. Mais les autorités doivent également agir et exercer une pression diplomatique“, a-t-elle déclaré samedi à l’agence Belga. “Nous menons ce combat aussi bien dans la rue qu’au Parlement.”

“Manque de prévention structurelle”

Cette pratique découle en grande partie de l’idée, répandue chez les hommes africains, qu’ils doivent “contrôler” le corps des femmes; elle est liée, entre autres, à la “domination masculine” et au contrôle, renchérit Fabienne Richard, directrice du GAMS. “L’objectif de cette pratique est de freiner le désir sexuel des femmes, permettant ainsi aux hommes d’avoir plusieurs épouses.” Cette coutume est souvent justifiée par des arguments religieux, alors même qu’il n’en est fait mention ni dans le Coran ni dans la Bible.

“Depuis 2001, les MGF (mutilations génitales féminines, NDLR) sont explicitement punissables en Belgique, y compris lorsqu’elles sont commises à l’étranger. Ce n’est pas une nouvelle loi qui manque, ce sont les moyens pour mener une prévention structurelle qui manquent“, conclut le GAMS.

Cette forme de violence basée sur le genre est présente dans 94 pays à travers le monde et constitue la quatrième cause de décès chez les filles et les femmes dans les pays concernés.

Belga – Photo : Belga