La Cinematek rend hommage à Gérard Corbiau et au “Maître de musique”
De ses débuts difficiles au succès rencontré dans les salles bruxelloises, Gérard Corbiau revient sur l’histoire mouvementée de son film emblématique. La Cinematek lui consacre une rétrospective de deux mois, avec une place particulière accordée à José van Dam.
La Cinematek mettra à l’honneur pendant deux mois, du 8 octobre au 29 novembre, le cinéaste Gérard Corbiau. L’un de ses chefs-d’œuvre, “Le Maître de musique”, sorti en 1988, et son acteur principal, José van Dam, seront au centre de cet hommage, ont fait savoir jeudi au cours d’une conférence de presse les responsables de la Cinematek. Une carte blanche octroyée à Gérard Corbiau permettra en outre de voir ou revoir quelques productions cinématographiques qui l’ont inspiré.
D’autres institutions prennent part à cette rétrospective et la soirée d’ouverture, ce samedi 3 octobre à 19h00, est d’ailleurs prévue à Bozar, en présence du réalisateur. Une version restaurée du “Maître de musique” sera projetée en première mondiale.
L’une des principales missions de la Cinematek est la conversion de films en format numérique de façon à sauvegarder les oeuvres pour les futures générations, a rappelé le conservateur Tomas Leyers. “Le Maître de musique” fait ainsi partie d’un vaste projet qui a permis de restaurer récemment une centaine de films belges francophones.
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L’institution bruxelloise en profite pour dévoiler, ce 1er octobre, sa première exposition en ligne qui propose une analyse très documentée du “Maître de musique”, évoquant sa genèse, les lieux de tournage, sa réception auprès du grand public… “Nous sommes partis des archives confiées par Gérard Corbiau et un contexte détaillé est ainsi proposé au grand public”, explique Céline Brouwez, programmatrice à la Cinematek. L’objectif est à l’avenir de présenter d’autres “expositions” similaires autour de cinéastes belges.
Mardi, le réalisateur est lui-même revenu sur l’amitié qui le liait au baryton José van Dam et sur les débuts difficiles du film. “Les cinq années les plus sombres de ma carrière”, a expliqué Gérard Corbiau, se rappelant des difficultés à trouver un producteur. “Finalement, grâce à la fidélité à toute épreuve de José van Dam, ce film, dont personne ne voulait, a fini par exister. Grâce à notre obstination”, se remémore-t-il. “A l’époque, plus d’un Bruxellois sur dix avait vu le film et on applaudissait dans les cinémas. Du jamais vu.”
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Outre une rétrospective consacrée à l’ensemble de l’oeuvre de Gérard Corbiau, ce dernier a retenu dix films dans la carte blanche qui lui a été octroyée. On y retrouve des grands titres de l’histoire du cinéma comme “Les Temps modernes”, de Charlie Chaplin, son premier film vu au cinéma, “Vertigo”, d’Alfred Hicthcock, “le film qui m’a donné le désir de devenir réalisateur”, ou encore “Amadeus” de Milos Forman qui l’a clairement mis sur la voie de son Maître de Musique.
La Chapelle Musicale Reine Elisabeth, où a enseigné José van Dam pendant une vingtaine d’années, et la Monnaie, escale annuelle pour le baryton belge de 1981 à 2010, sont partenaires de ce double hommage rendu à l’oeuvre de Gérard Corbiau et à José van Dam, décédé le 17 février dernier.
Belga – Photo : Belga Image