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Le centre WTC du Samusocial ferme ses portes: 130 places d’urgence disparaissent

La fermeture du centre du WTC III retire 130 places d’hébergement d’urgence à Bruxelles, à quelques semaines de l’hiver et avec plus de 1.000 hommes en attente.

Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées ce mercredi matin devant le WTC III (sur le boulevard Roi Albert II), couvertures de survie sur le dos, en soutien aux personnes sans chez-soi : le centre d’hébergement pour homme, qui s’y situe, fermait aujourd’hui. Des bénévoles, membres du personnel et des personnes sans chez-soi ont aussi partagé un petit déjeuner.

■ Reportage de Pierre Maeyens

Cette fermeture supprime 130 places d’hébergement d’urgence et ramène à 240 places la capacité de l’organisation pour les hommes isolés, à l’approche de l’hiver.

Ouvert le 2 février dans le cadre du plan “Froid Extrême”, le centre a été prolongé à deux reprises pour répondre à l’augmentation des demandes d’hébergement. Depuis son ouverture, le Samusocial a accueilli 5.143 hommes isolés, dont 3.813 au WTC. Sur la même période, l’organisation indique avoir dû refuser l’hébergement à 18.624 hommes isolés, sur un total de 39.202 demandes.

Pour le Samusocial, la fermeture du centre est directement liée à la décision de la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), de supprimer 300 places d’accueil du ‘Brussels Deal’ : “C’est compliqué pour nous, acteurs du secteur, de refuser quotidiennement des personnes et puis de fermer des places. C’est un non-sens. C’est comme si la réalité de terrain ne guidait pas la politique et qu’on était purement dans des questions budgétaires“, regrette Sarah de Liamchine, directrice générale du Samusocial. “Aujourd’hui, on a le cœur très lourd, à la fois pour les hébergés mais aussi pour nos travailleurs qui perdent leur emploi“.  25 des 33 travailleurs du centre ont perdu leur emploi.

► Voir notre reportage | Brussels deal : le Samusocial redoute une crise humanitaire après la suppression de 1.000 places d’accueil

“Les 700 places dont la suppression a été annoncée (en juillet, ndlr) sont toujours ouvertes à ce jour“, souligne la directrice générale. L’organisation plaide pour leur maintien et indique ne pas encore savoir si elle disposera de moyens supplémentaires pour l’hiver.

L’association BelRefugees était également sur place ce matin : “La seule solution que nous avons trouvée pour soutenir les personnes qui sortent de ce centre et qui se retrouvent à la rue, c’est de leur offrir un kit de survie, avec des sacs de couchage, du matériel d’hygiène et des couvertures de survie pour pouvoir survivre en rue“, précise Mehdi Kassou, le directeur général de l’association. BelRefugees a, de son côté, fermé le 1er août son centre Amran, qui accueillait 66 jeunes, avec la perte d’emploi de 21 travailleurs.

Plus de 1.000 hommes figurent actuellement sur sa liste d’attente pour une place d’hébergement d’urgence. L’association BelRefugees demande aux autorités d’anticiper l’hiver et de programmer rapidement les capacités nécessaires.

BX1 Avec Belga