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238 décès supplémentaires à Bruxelles: comment les canicules ont pesé sur la mortalité cet été ?

À Bruxelles comme dans le reste du pays, les fortes chaleurs ont pesé sur la mortalité cet été. Mais toutes les Régions n’ont pas été touchées de la même manière. Quel bilan tirer de ces trois épisodes de chaleur ?

Les fortes températures ont marqué l’été en Belgique. Selon les dernières données de Sciensano, 2 935 décès supplémentaires ont été enregistrés au cours des trois périodes étudiées. Mais leur bilan est loin d’être similaire : la première concentre à elle seule plus des deux tiers des décès.

Le premier épisode, du 18 juin au 3 juillet, a été de loin le plus meurtrier. 2 035 décès supplémentaires ont été recensés en Belgique, soit une surmortalité de 48,8 %. La différence est nette avec la suite de l’été. Entre le 4 et le 17 juillet, 535 décès supplémentaires ont été comptabilisés, soit 14,8 % de surmortalité. Du 28 juillet au 16 août, le bilan s’élève à 365 décès supplémentaires, pour une surmortalité de 7 %.

Si l’on s’en tient à la vague de chaleur au sens strict, du 18 juin au 1er juillet, 1 747 décès supplémentaires ont été enregistrés. “Une certaine surmortalité est attendue lors des vagues de chaleur, tout comme lors des vagues de froid ou des épidémies de grippe. Toutefois, la vague de chaleur de juin 2026 se distingue par son ampleur exceptionnelle. Il s’agit de la surmortalité la plus élevée enregistrée lors d’une vague de chaleur sur l’ensemble de la période analysée depuis 2000”, commente l’institut belge de santé publique.

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La Wallonie en première ligne, Bruxelles aussi fortement touchée

Derrière les chiffres nationaux, les écarts entre les Régions sont importants. Lors du premier épisode, c’est en Wallonie que la mortalité a le plus fortement augmenté : +78,2 %. Bruxelles suit avec +65,6 %, devant la Flandre, à +31,2 %.

Les écarts se resserrent ensuite. Lors du deuxième épisode, la surmortalité atteint 16,5 % en Wallonie, 15,9 % à Bruxelles et 14,4 % en Flandre. Puis les chiffres continuent de redescendre lors du troisième épisode. La Wallonie affiche encore 9,9 % de surmortalité et la Flandre 7,2 %. À Bruxelles, le chiffre tombe à zéro.

Des conditions particulièrement favorables à la surmortalité

Mais comment expliquer un tel impact lors de la première période ? Sciensano pointe une combinaison de plusieurs facteurs. À partir du 18 juin, les températures maximales ont avoisiné les 30 °C pendant dix jours consécutifs. Le mercure est même monté jusqu’à 35,5 °C le 26 juin, avec trois journées proches des 35 °C.

La chaleur s’est aussi installée la nuit. Pendant dix nuits, les températures minimales sont restées au-dessus de 18 °C, dont deux nuits proches de 24 °C. L’épisode s’est également accompagné de concentrations d’ozone supérieures à 100 µg/m³ pendant dix jours consécutifs. Des niveaux élevés de particules fines ont aussi été relevés, notamment en Flandre et à Bruxelles.

Et contrairement aux idées reçues, l’impact ne s’est pas limité aux plus âgés. Pendant la vague de chaleur de juin, 280 décès supplémentaires ont été enregistrés chez les 15-64 ans, soit une surmortalité de 61,3 %. “Ces résultats montrent que les effets de la chaleur peuvent concerner l’ensemble de la population. Ils rappellent l’importance des mesures de prévention pour toutes les classes d’âge, et pas uniquement pour les personnes âgées”, commente l’institut belge de santé publique.

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Ces chiffres donnent une idée de l’impact sanitaire de cet été particulièrement chaud. Sciensano rappelle toutefois que son système de surveillance de la mortalité, Be-MOMO, mesure la surmortalité toutes causes confondues. “Il ne permet pas d’attribuer une cause de décès et d’expliquer ces importantes différences régionales. Une analyse plus approfondie sera nécessaire.”

Camille Gnonsian – Photo : BX1