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Fusillades à Bruxelles : à qui la faute ? PS et MR s’opposent sur les responsabilités

Depuis les récentes fusillades dans la capitale, les réactions politiques fusent. Chaque parti se rejette la responsabilité d’une ville confrontée aux règlements de comptes liés au trafic de drogue. À qui la faute ? Quels rôles jouent réellement les différents niveaux de pouvoir dans ces fusillades ? Ridouane Chahid, député fédéral PS, et Denis Ducarme, député fédéral MR, sont revenus sur ces questions ce mardi soir dans l’émission Bonsoir Bruxelles.

Ces dernières semaines, la capitale a été le théâtre de nombreuses scènes de fusillades. En toile de fond, un affrontement politique dans lequel chaque camp s’accuse mutuellement d’être responsable de l’insécurité à Bruxelles. D’un côté, plusieurs bourgmestres socialistes reprochent au fédéral de ne pas remplir les cadres et de ne pas fournir suffisamment de moyens aux forces de l’ordre. De l’autre, les responsables libéraux estiment que les récents événements sont aussi le résultat d’une mauvaise gestion au niveau communal.

Une position défendue par le député MR Denis Ducarme : “Le MR n’a pas occupé de responsabilité pendant 20 ans à Bruxelles. Bernard Quintin va au bout de son devoir et il est là depuis seulement un an. Il a déjà commencé à produire un certain nombre de renforcements.” Autre son de cloche du côté socialiste, qui appelle à un travail commun. “Depuis janvier 2025, je n’arrête pas d’interpeller le Premier ministre sur les questions de sécurité en demandant de prendre des mesures concrètes (…) Il n’y a que des démocrates qui doivent se battre contre le trafic de drogue ensemble”, estime Ridouane Chahid.

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Le port d’Anvers, porte d’entrée de la drogue en Europe ?

Pour le député fédéral PS, l’enjeu actuel n’est pas de déterminer qui est responsable, mais de s’attaquer au cœur du problème : l’arrivée de la drogue en Belgique et notamment le rôle du port d’Anvers. “Moi, je veux savoir quand est-ce qu’on va mettre des militaires pour contrôler les conteneurs d’Anvers et faire en sorte que la cocaïne ne circule plus dans ce pays “, questionne-t-il.

Ridouane Chahid accuse également certains responsables politiques anversois de privilégier le développement économique du port au détriment de la sécurité dans les quartiers. Il interpelle par ailleurs le gouvernement fédéral sur les moyens consacrés à la lutte contre le trafic de drogue et à la justice. “Je veux savoir si la ministre de la Justice va dégager des moyens pour faire en sorte que ces criminels soient en prison “, déclare-t-il.

Une accusation qui fait réagir son opposant politique. Denis Ducarme prend notamment en exemple les propos du bourgmestre socialiste de Charleroi : “Il a expliqué que, s’il y avait des problèmes de drogue à Charleroi, ce n’était pas de sa faute mais uniquement celle d’Anvers. C’est une manière de se dédouaner de toutes les responsabilités que vous avez (le fait d’évoquer le Port d’Anvers). ” Pour le député MR, la responsabilité ne peut pas uniquement être renvoyée vers le niveau fédéral. Il estime que les communes doivent également répondre de leur gestion de la sécurité et des moyens engagés au cours des dernières années.

Denis Ducarme appelle dès lors la ministre de la Justice à agir davantage : ” Je veux que la ministre de la Justice, Annelies Verlinden, fasse autant en matière d’insécurité à Bruxelles que ce que peut faire en un an Bernard Quintin.

Qui fait quoi face à la criminalité ?  

En Belgique, la réponse est encadrée par deux textes fondamentaux : la loi du 5 août 1992 sur la fonction de police et celle du 7 décembre 1998, qui organise la police intégrée à deux niveaux, local et fédéral.

Premier niveau  donc : le bourgmestre. En matière de police administrative, il est l’autorité responsable sur le territoire de sa commune.  Il doit prévenir et  faire cesser les troubles à l’ordre public, nottament les atteintes à la sécurité. Il peut donc prendre des mesures administratives, comme la fermeture d’un établissemnt dans les conditions prévues par la loi par exemple.

Pour mettre en oeuvre ces décisions, le bourgmestre s’appuie sur la police locale. La loi  de 1998 prévoit que la police locale assure, sur le territoire de sa zone, les missions de police administrative mais aussi de police judiciaire.

Il faut bien distinguer les deux : la police administrative vise principalement à prévenir ou faire cesser les troubles à l’ordre public. La police judiciaire consiste, elle, à rechercher les infractions, à en rassembler les preuves et rechercher les auteurs.

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Pour les phénomènes de criminalité qui nécessitent une approche dépassant le niveau local, c’est bien la police fédérale qui est compétente. La PJF, la  police judiciaire fédérale prend  donc en charge des enquêtes spécialisées et complexes, en particulier dans la lutte contre la criminalité organisée.

Mais attention : ce n’est pas parce qu’une infraction dépasse une frontière communale que la police fédérale prend automatiquement le relais. Les compétences sont réparties par la loi et les deux niveaux travaillent ensemble si le délit est grave, organisé, ou d’envergure nationale/internationale. C’est le procureur du Roi à ce moment-là qui tranche le rôle de chacun.

Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 17h à 19h
■ Une interview de Ridouane Chahid  et Denis Ducarme au micro de Fabrice Grosfilley et Jamila Saidi M’Rabet dans Bonsoir Bruxelles