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Modus Vivendi dénonce la suppression rétroactive de deux dispositifs à Bruxelles

L’association Modus Vivendi dénonce la suppression, avec effet rétroactif au 1er janvier 2026, de deux de ses principaux dispositifs de réduction des risques liés à la consommation de drogues. L’information a été communiquée par voie de presse, alors que les équipes avaient poursuivi leurs activités pendant plusieurs mois sans notification officielle.

Les deux projets concernés sont le service de drug checking (analyse de substances) et la centrale régionale d’achat de matériel de réduction des risques. Ils font partie des quatorze projets supprimés ou réduits dans le cadre du Plan global de sécurité et de prévention (PGSP).

Selon l’association, cette décision intervient après plus de deux ans d’échanges avec les autorités régionales et malgré les nombreuses interpellations des 38 associations concernées par le PGSP.

Modus Vivendi souligne que sa centrale d’achat fournit du matériel stérile à 15 services bruxellois et 22 points de distribution, tandis que son service de drug checking, actif depuis près de vingt ans, est aujourd’hui le seul de ce type en Belgique. En 2025, plus de 78 % des usagers ayant recours à ce service auraient abordé pour la première fois leur consommation avec un professionnel.

On ne peut pas prétendre améliorer la sécurité publique tout en supprimant les dispositifs qui permettent de prévenir les overdoses, les contaminations et les risques sanitaires. Cette décision est incompréhensible tant sur le plan de la santé publique que sur celui de la bonne gouvernance“, déclare Catherine Van Huyck, directrice de Modus Vivendi.

L’association estime que cette suppression pourrait avoir des conséquences sanitaires importantes, notamment en matière de prévention des infections au VIH et aux hépatites, de lutte contre les overdoses et de présence de seringues abandonnées dans l’espace public. Elle rappelle également que ces dispositifs sont soutenus par les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime.

Modus Vivendi demande au gouvernement bruxellois de publier les critères ayant conduit à ces décisions, de rendre publique la liste des financements accordés dans le cadre du PGSP 2026, de réexaminer la suppression de ces deux dispositifs et d’ouvrir un dialogue avec les associations concernées.