Vague de chaleur inédite : “Il y a des patients qui sont arrivés aux urgences avec une température de 39, 40, voire 41 degrés !”
La vague de chaleur que la Belgique a connue ces derniers jours a été exceptionnelle. Pendant sept jours consécutifs, les températures ont dépassé les 30 °C, avec des nuits particulièrement chaudes. Une situation inédite qui a mis les hôpitaux et les maisons de repos sous pression. Comment se sont-ils préparés ? Et quelles mesures ont-ils mis en place ? Éléments de réponse avec Marie-Astrid de Villenfagne, médecin au SMUR et aux urgences du CHU Saint-Pierre, et Thierry Gilson, secrétaire général de Femarbel, la fédération des maisons de repos.
Cette vague de chaleur n’a pas été sans conséquences. Entre le 18 et le 29 juin, 1.222 personnes sont décédées en Belgique, soit une surmortalité de 39 %. Selon le Risk Management Group (RMG), il s’agit d’une situation sans précédent.
Les personnes âgées restent les plus touchées. D’après les données du RMG, 530 décès concernent des personnes de 85 ans et plus. Une surmortalité a également été observée chez les moins de 65 ans, avec 180 décès recensés. Le pays enregistre ainsi le nombre quotidien de décès le plus élevé depuis la première vague de Covid-19.
Face à cette situation, les services d’urgence ont dû prendre en charge de nombreux patients victimes de coups de chaleur.
” Il y a des patients qui sont arrivés aux urgences avec une température corporelle de 39, 40, voire 41 degrés. Le corps ne le supporte pas, ce qui peut provoquer des convulsions hyperthermiques. La priorité est donc d’hydrater le patient et de faire baisser sa température le plus rapidement possible “, explique Marie-Astrid de Villenfagne.
Dans les maisons de repos, la priorité a été donnée à la prévention et à l’identification des résidents les plus fragiles. ” Dès qu’une situation d’urgence met la vie d’un résident en danger, nous identifions les profils les plus à risque. Les conséquences les plus graves concernent souvent des personnes précarisées ou isolées, qui ne bénéficient pas toujours d’infrastructures adaptées”, explique Thierry Gilson. Selon le secrétaire général de Femarbel, les établissements étaient globalement bien préparés.
“À ce stade, la situation est restée sous contrôle. Nous n’avons pas observé de pic d’hospitalisations ni de problème de santé majeur directement lié à la canicule. Il y a bien eu quelques incidents, notamment une fatigue plus importante chez certains résidents, qui a parfois entraîné des chutes. Mais, dans l’ensemble, les mesures de prévention ont porté leurs fruits”, conclut-il.