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Airbnb à Bruxelles : “La location Airbnb est devenue une pratique industrielle où l’on exploite le droit au logement ! “

Les logements de courte durée, proposés sur des plateformes comme Airbnb, sont de plus en plus nombreux à Bruxelles. Selon une récente étude, une grande partie des propriétaires ne respecterait pas la réglementation en vigueur. Au-delà de la question de la légalité, ces locations sont également accusées de réduire l’offre de logements disponibles et de contribuer à la hausse des loyers dans certaines communes. Quel est leur véritable impact sur le marché immobilier bruxellois ? Et comment lutter contre les abus ? Éléments de réponse avec Olivier de Clippele, responsable bruxellois du Syndicat national des propriétaires et des copropriétaires, et Jean Spinette, bourgmestre de Saint-Gilles.

En Région de Bruxelles-Capitale, tous les hébergements touristiques sont soumis à une taxe régionale par nuitée. Certaines communes y ajoutent des centimes additionnels. Pour un logement entier, la taxe régionale s’élève à 5 euros par unité d’hébergement et par nuitée. Lorsqu’il s’agit d’un hébergement chez l’habitant, elle est de 4 euros par unité d’hébergement et par nuitée.

Pour Jean Spinette, le développement des Airbnb pose avant tout la question du droit au logement. Selon lui, de plus en plus de propriétaires privilégient les locations touristiques, jugées plus rentables que la location classique. ” À cause des Airbnb, les loyers augmentent, car il est plus rentable de faire de la location touristique ou du coliving que de louer un appartement de manière traditionnelle. Beaucoup de personnes ne trouvent plus de logement à Bruxelles. On assiste à une véritable financiarisation de l’immobilier”, affirme le bourgmestre.

Concernant les nombreux propriétaires qui ne respecteraient pas la réglementation, Olivier de Clippele estime que le problème vient aussi de la complexité des règles. ” Si neuf propriétaires sur dix sont dans l’illégalité, c’est qu’il y a un problème avec la loi. Une loi doit être appliquée, mais elle doit aussi être applicable”, estime-t-il.

Un argument qui ne convainc pas Jean Spinette. “Lorsqu’on exploite un Airbnb, on s’enregistre et on paie la taxe”, répond-il. Le bourgmestre précise qu’il n’est pas opposé au principe de la location de courte durée, mais qu’il s’inquiète lorsque celle-ci devient une activité essentiellement lucrative. “Aujourd’hui, on en a fait une pratique industrielle, portée par la dérégulation et la digitalisation de l’économie. Certains exploitent le droit au logement pour en faire une rente économique”, conclut-il.

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