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“Je passe mon temps à annoncer qu’il n’y aura plus de temps plein” : les écoles face au casse-tête de la rentrée

À quelques semaines de la rentrée scolaire, les établissements de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’activent pour appliquer la réforme qui fait passer la charge horaire de nombreux enseignants de 20 à 22 périodes par semaine. Si les autorités assurent que l’organisation sera prête à temps, plusieurs acteurs du terrain redoutent déjà des conséquences sur l’emploi, en particulier pour les jeunes professeurs. Invités dans Bonsoir Bruxelles, André Grenier, administrateur général de Wallonie-Bruxelles Enseignement, Samuel Dewulf, directeur de l’Institut Don Bosco, et Luiza Duraki, échevine de l’Enseignement francophone à Anderlecht, ont débattu des effets de cette réforme.

Du côté de Wallonie-Bruxelles Enseignement, l’objectif est clair : donner rapidement de la visibilité aux enseignants. “On doit être là en tant que pouvoir organisateur pour soutenir nos équipes”, explique André Grenier. “Pas mal d’enseignants préparent leurs cours pendant les grandes vacances.

Selon lui, les désignations seront communiquées dès le début du mois de juillet. “Nous y arriverons”, assure-t-il. Les enseignants connaîtront ainsi leur volume de travail et leur affectation avant les congés, même si les horaires définitifs ne seront établis qu’à la fin du mois d’août.

Un casse-tête pour les directions

Sur le terrain, la situation apparaît plus complexe. “C’est un très gros casse-tête”, reconnaît Samuel Dewulf, qui dirige un établissement de 120 membres du personnel.

L’augmentation du temps de travail des enseignants nommés réduit mécaniquement le nombre d’heures disponibles pour les autres. “Au bout de la chaîne, ce sont les jeunes enseignants, les nouveaux enseignants, ceux qui ne sont pas nommés, qui vont payer la note.

Le directeur dit passer ses journées à annoncer des mauvaises nouvelles. “Je passe pour l’instant mon temps à prévenir l’un ou l’autre que malheureusement, je n’ai pas de temps plein à leur proposer. Un mi-temps, un tiers temps, quelques bouts d’heures.

Le risque de perdre de jeunes professeurs

Cette situation inquiète particulièrement dans certaines filières techniques, où les enseignants disposent souvent d’opportunités dans le secteur privé.

“J’ai justement un jeune enseignant qui songe peut-être à retourner dans le privé alors que c’est un enseignant reconnu”, déplore Samuel Dewulf. Une perte potentielle qui préoccupe également ses collègues.

Des suppressions de postes dénoncées

À Anderlecht, où le réseau communal emploie environ 1.200 enseignants, l’impact de la réforme est également redouté.

“Chez nous, il y a clairement une perte”, affirme Luiza Duraki. Pour l’échevine socialiste, l’augmentation de la charge de travail masque une réduction du nombre de postes disponibles. “Derrière cette surcharge de travail de 10 %, se cachent des pertes d’emplois.

Elle estime que les jeunes enseignants seront les premiers touchés par un “effet domino” provoqué par les réaffectations et les retours de personnel issus d’autres structures de l’enseignement.

Pas de pertes d’emploi selon Wallonie-Bruxelles Enseignement

André Grenier nuance toutefois ces craintes. Grâce à la taille du réseau qu’il dirige, il estime que les enseignants concernés pourront être réaffectés.

Chez WBE, nous n’aurons pas de perte d’emploi, parce que les membres du personnel qui vont perdre des heures pourront être réaffectés directement dans d’autres établissements du même pouvoir organisateur.

Une assurance qui ne dissipe pas totalement les inquiétudes des directions et des pouvoirs locaux, alors que la préparation de la rentrée entre dans sa dernière ligne droite.

Retrouvez Bonsoir Bruxelles, du lundi au vendredi, à 18h20 sur BX1

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