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L’afflux des chômeurs exclus aux CPAS plus important qu’annoncé par le Fédéral ? “Les chiffres ne sont pas stabilisés”

Séverine de Laveleye était l’invitée de Bonjour Bruxelles ce jeudi matin.

Selon les dernières données publiées par le ministère de l’Intégration sociale, seul un tiers des personnes exclues du chômage a sollicité un revenu d’intégration sociale (RIS). Des chiffres qu’il convient toutefois de nuancer, selon Séverine de Laveleye, présidente du CPAS de Forest. “Le Fédéral a publié de nouveaux chiffres, mais il précise lui-même qu’ils ne sont pas encore stabilisés”, explique-t-elle. “Ils vont donc continuer à évoluer, puisque certains CPAS n’ont pas encore enregistré l’ensemble des demandes ni pris toutes les décisions concernant l’octroi ou non d’un revenu d’intégration.”

Qu’en est-il à Forest ? “Je peux déjà vous dire que nous sommes dans la moyenne régionale. Chez nous, nous dépassons largement les 50 % de personnes qui bénéficient d’un revenu d’intégration après avoir été exclues du chômage.”

Ces chiffres concernent principalement les personnes qui étaient au chômage depuis le plus longtemps. Ils ne tiennent toutefois pas compte de la nouvelle vague attendue en juillet, ni des personnes qui occupaient des emplois précaires et qui avaient besoin d’un complément de revenus. “Aujourd’hui, nous voyons arriver des personnes qui ont connu des périodes de chômage plus courtes. À Forest, plus de 60 % des personnes exclues poussent la porte du CPAS. Le Fédéral communique uniquement sur les personnes qui obtiennent effectivement un revenu d’intégration. Mais il faut aussi compter toutes celles qui introduisent une demande et pour lesquelles nos équipes doivent mener une enquête sociale dans un délai d’un mois avant de rendre une décision.”

Ce délai d’un mois reste-t-il tenable face à l’afflux de dossiers ? “Pour l’instant, oui. Nous parvenons encore à respecter les délais légaux. Mais la pression est extrêmement forte sur nos services et sur les autres bénéficiaires qui dépendaient déjà du CPAS auparavant. J’ai la chance de disposer d’une administration solide, capable d’absorber une partie du choc. Malgré cela, nous sommes très inquiets à l’approche de la vague de juillet, qui pourrait représenter environ 500 dossiers supplémentaires, en pleine période estivale.”

Le risque d’engorgement est donc bien réel. “Certains CPAS sont déjà totalement dépassés, notamment celui d’Anderlecht, qui souffre depuis longtemps d’un manque de personnel. Ces vagues successives sont arrivées dans des délais très courts, malgré nos demandes de les étaler davantage dans le temps. Forcément, cela se fera au détriment des usagers et des travailleurs sociaux.”

Face à cette situation, l’élue écologiste a déjà dû prendre certaines mesures. “Nous dépassons déjà notre budget de deux millions d’euros et nous allons devoir le réévaluer. J’ai demandé des moyens supplémentaires à la commune afin de renforcer le traitement des dossiers. Mais nous avons également été contraints de limiter certaines aides complémentaires, notamment dans les domaines de la santé et de l’enseignement. Nous souhaitons continuer à soutenir les personnes qui en ont besoin, mais nos marges de manœuvre se réduisent. Cela montre à quel point ces décisions fédérales ont des répercussions concrètes sur l’ensemble des politiques communales.”

  • Une interview de Séverine de Laveleye par Vanessa Lhuillier dans Bonjour Bruxelles

 

 

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