Bernard Quintin annonce que les négociations pour le refinancement des zones de police ont commencé : “J’ai changé de méthode”
Bernard Quintin était l’invité de Bonjour Bruxelles ce lundi matin.
C’était l’un des chevaux de bataille du gouvernement : mercredi dernier, la Chambre avait approuvé en séance plénière un projet de loi qui entérine la fusion des six zones de police bruxelloises.
Concrètement, à partir du 1er janvier 2028, la capitale ne comprendra plus qu’une seule zone de police, la plus grande du pays, forte de quelque 6 500 agents. Dans la foulée, l’association des communes bruxelloises, Brulocalis, a annoncé qu’elle allait introduire un recours devant la Cour constitutionnelle, tout comme plusieurs communes. Un recours qui, rappelons-le, ne sera pas suspensif.
Une perspective qui n’inquiète pas Bernard Quintin. “Nous avons bien réfléchi au moment d’écrire cette loi et elle l’est pour l’ensemble du pays. Nous avons pris nos précautions. Je signale tout de même que le Conseil d’État n’a pas fait de remarque et nous verrons ce que la Cour constitutionnelle a à dire.”
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Objectif : gain d’efficacité
Une chose est certaine, cette loi ne fait pas l’unanimité au sein des bourgmestres de la capitale. “L’objectif est d’être plus efficace contre la criminalité”, rajoute-t-il. “Ce regroupement nous permettra de l’être. Dans le même temps, nous devrons renforcer notre capacité d’intervention et la police de proximité.” Il a bien insisté sur la police de proximité. “La police de proximité, ce sont des policiers qui sont à pied et à vélo. On doit les reconnaître et il y en aura davantage. La grande zone de police de Bruxelles restera locale et devra s’organiser par elle-même.”
Une fois que la loi passera au Moniteur belge, les communes auront 18 mois maximum pour mettre en place cette fusion. L’autre grande question concerne les moyens alloués pour l’organiser. “Le fédéral va soutenir cette fusion qui se déroule au niveau local. C’est-à-dire que ce sont aux collèges des bourgmestres et aux chefs de corps de l’organiser. Je rappelle que nous allons mettre 65 millions d’euros sur la table.”
Il a ensuite pris un exemple concret. “On nous a critiqués parce qu’il fallait mettre de l’argent pour que les programmes informatiques fonctionnent. Ce qui signifie qu’avec l’autonomie, on peut avoir 166 zones de police qui ont 166 services informatiques différents ? Cela n’a pas de sens.” Pour la méthode de financement, Bernard Quintin avait une grande nouvelle à annoncer. “Nous passons de la préparation à la négociation”, a-t-il dit fièrement. “Nous avons déjà eu une réunion de travail sur base de la norme ULB.”
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Cette dernière doit remplacer la KUL, qui doit être revue selon le ministre. “Elle a des défauts principaux, dont celui d’avoir sous-financé les zones de police urbaines. Nous avons parlé avec le gouvernement pour la première fois, et la monture préliminaire est prête. On doit absolument refinancer la police. On doit faire des efforts de budgets, mais on doit avoir des discussions pour savoir combien et où on peut aller chercher ces moyens.”
Il précise aussi que cette première réunion s’est bien déroulée. “J’ai un peu changé de méthode”, a-t-il expliqué. “Lors de mon premier mandat, je pensais qu’il fallait être très transparent et mettre ses cartes sur la table. Je suis devenu un peu plus malin, même à 54 ans, on peut évoluer. J’espère que les négociations seront terminées pour l’été.”
- Une interview de Bernard Quintin par Fabrice Grosfilley dans Bonjour Bruxelles sur BX1