L’armée séduit davantage ailleurs en Belgique, mais peine à recruter à Bruxelles
Alors que la Défense belge enregistre en 2025 son meilleur niveau de recrutement de ces cinq dernières années, les chiffres révèlent un déséquilibre marqué entre régions. À Bruxelles, les nouvelles candidatures restent particulièrement faibles, loin derrière les autres provinces du pays, selon les données relayées par le quotidien De Morgen.
Alors que près de 3.000 nouveaux militaires ont rejoint la Défense en 2025, les disparités régionales restent importantes. À Brussels, seuls 144 candidats ont été recrutés, loin derrière Anvers (393) ou le Hainaut (389).
Rapporté à la population en âge de travailler, Bruxelles affiche le taux le plus bas du pays avec 24,9 recrutements pour 100.000 habitants. À titre de comparaison, la province de Namur atteint 128,3 recrutements pour 100.000 habitants, suivie de Liège (76,5). Plusieurs autres provinces, dont le Limbourg et le Brabant flamand, présentent elles aussi des niveaux environ deux fois supérieurs à ceux de la capitale.
Selon De Morgen, la Défense explique en partie ces écarts par l’absence de structures de recrutement adaptées dans la capitale. Le site d’Evere joue surtout un rôle administratif et de coordination.
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Pour réduire ces différences, la Défense prévoit la création d’une cellule d’analyse du marché du travail afin de mieux comprendre le manque d’intérêt des Bruxellois pour l’armée.
Des facteurs sociologiques sont également évoqués. Le président d’Euromil pointe un manque de diversité, tandis que le sociologue Eric Corijn évoque une distance plus forte entre une partie de la jeunesse bruxelloise et les institutions militaires.
La question intervient alors que le ministre de la Défense Theo Francken a récemment annoncé un renforcement de la présence militaire dans certains lieux stratégiques de la capitale, notamment les gares.