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Grève chez Bpost : les raisons de la colère

Les services de Bpost sont toujours perturbés mardi en Wallonie et à Bruxelles, a indiqué l’entreprise postale. À Bruxelles, aucun courrier ni colis n’est livré alors que la moitié des tournées sont assurées en Wallonie et plus de 90% en Flandre.

■Reportage de Claire Vermeulen, Charles Carpreau et Hugo Moriamé

La grève chez Bpost a débuté spontanément, fin mars, en opposition au plan de transformation prévu pour la distribution des colis et du courrier. Le front commun syndical dénonçait une transformation profonde du travail imposée par la direction de Bpost, “sans négociation”. Selon la CGSP, la CSC et le SLFP, plusieurs changements vont “bouleverser la vie des travailleurs” à partir de septembre prochain : horaires décalés, flexibilité permanente, mobilité accrue, journées variables, enregistrement obligatoire du temps de travail dès 2027… “Ces mesures auront des conséquences directes sur la santé, la vie familiale, la fatigue et les déplacements“, commentaient les organisations de défense des travailleurs. Toutes ces mesures sont imposées sans aucune compensation, regrettaient-t-elles. “Et une compensation financière ne suffit pas, on veut un réel accompagnement dans ces changements“, exposait alors Thierry Tasset, secrétaire général de la CGSP Poste.

De son côté, la direction expliquait que ce plan est crucial pour faire de Bpost une entreprise de livraison de colis performante. “Cette transformation est nécessaire pour assurer l’avenir, dans un contexte de baisse structurelle du courrier et de forte croissance des colis“. Les horaires de distribution ont été repensés en tenant compte des nouvelles attentes des clients. “Les grandes plateformes d’e-commerce injectent leurs volumes de plus en plus tard dans la soirée, voire la nuit, tout en attendant une livraison dès le lendemain avec un haut niveau de qualité“, détaille Bpost. “Si nous voulons continuer à traiter les volumes de ces clients en Belgique, dans un environnement ultra compétitif, nous devons adapter notre organisation.

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Nouveaux horaires

La colère du personnel se cristallise sur les mesures prévues concernant les horaires de travail. Concrètement, les facteurs qui commençaient jusqu’ici entre 06h30 et 08h30 devraient désormais débuter entre 08h et 10h00, pour terminer leurs tournées vers 17h00 ou 18h00. Le projet introduit également une plus grande flexibilité et une mobilité accrue dans l’organisation du travail postal. Le plan de transformation devait être opérationnel à partir du mois de septembre mais la direction a décidé de le suspendre temporairement le temps des négociations avec les syndicats.

Le 15 avril, la direction de Bpost annonçait être prête à adapter les horaires de travail les plus tardifs prévus dans son nouveau plan afin de répondre aux préoccupations des syndicats. Elle indiquait notamment que la majorité des services finiraient vers 17h00 et que le maintien du titulariat serait garanti, annonçant également un consensus visant à augmenter de 2 euros les chèques-repas. Les syndicats ont toutefois précisé que cette proposition devait encore faire l’objet d’une consultation avec le personnel. Dans la capitale, l’accord obtenu jeudi ne convainc pas. “Les réactions sur Bruxelles sont très négatives parce que concrètement le plan good move a un impact sur le stress et la faisabilité des services. Ici, on est dans des propositions nationales et donc l’entreprise ne répond pas aux attentes bruxelloises. Un facteur qui sort en distribution aux alentours de 9h45, c’est très compliqué.”, explique à notre micro Mouna Aouni, permanente régionale CSC Transcom.

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La direction espère que les négociations finales avec les syndicats permettront de dégager un accord avant le 30 avril. En attendant, une partie du personnel de Bpost est donc toujours en grève. À Bruxelles, des grévistes continuent à bloquer les centres de distribution, ce qui empêche toute livraison de courrier ou colis. En Wallonie, 49% des tournées sont assurées. En Flandre, 91% des tournées sont réalisées. Mais des travailleurs font grève dans les centres de distribution en province de Limbourg et dans trois centres de distribution en Brabant flamand.

Etant donné la durée de la grève, Bpost a accumulé une importante quantité de courrier et de colis en attente de livraison. Ces colis sont entreposés dans des lieux de stockage comme l’ancien site de Caterpillar à Gosselies (Charleroi), où des centaines de milliers de paquets et des millions de lettres sont momentanément entreposés. Selon un porte-parole de Bpost, le stockage s’y fait en toute sécurité et dans des conditions optimales et ce qui y est stocké “ne reste pas un jour de plus que nécessaire“.

BX1 avec Belga

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