Une balade poétique dans les rues de Bruxelles pour redécouvrir Baudelaire
“La calomnie, le vol, curiosité bestiale, semblable à celle des canards qui viennent en troupe au moindre bruit” : c’est ainsi que Charles Baudelaire décrivait Bruxelles dans son pamphlet Pauvre Belgique. De quoi refroidir les amateurs du poète — mais pas les décourager.
Depuis février, Yacine organise des visites poétiques à prix libre dans les rues de Bruxelles, sur les traces des auteurs qui y ont vécu. Ce dimanche, c’est Baudelaire qui est à l’honneur : la balade retrace les deux ans passés par le poète dans la capitale, de 1864 à 1866, au travers des lieux qu’il a fréquentés. “Ça permet de découvrir Baudelaire d’une façon beaucoup plus vivante que de façon livresque”, explique-t-il.
Parmi la quinzaine de curieux présents, une participante relativise volontiers le pamphlet : “C’est son histoire à lui. Le plus important, c’est sa poésie. Ça nourrit la vie.”
Pour Yacine, l’enjeu est là : rendre la poésie accessible, montrer que derrière les vers il y avait des êtres humains avec leurs fragilités — “des côtés pathétiques” — et que cet art, souvent mis de côté, reste toujours très actuel.
Après Baudelaire, il prévoit de faire résonner les mots de Verlaine et Victor Hugo dans les artères de la capitale.
■ Reportage de Romain Vandenheuvel, Charles Carpreau et Stéphanie Mira