Le SLFP dénonce l’absence de cadre juridique pour déploiement des militaires dans les rues
Il est anormal que des militaires soient déployés en rue sans la mise en place d’un cadre juridique clair, dénonce mardi le SLFP Défense dans un communiqué. Depuis lundi dernier, quelque 200 militaires belges ont été déployés afin de surveiller les sites fréquentés par la communauté juive à Bruxelles et à Anvers, avant l’élargissement du dispositif à la ville de Liège.
La réglementation censée encadrer ce type de déploiements militaires n’a cependant, à ce jour, ni été approuvé par le Parlement, ni soumis aux représentants du personnel, déplore le syndicat. “Si un incident survient – un tir en milieu civil, des dommages collatéraux dans un contexte géopolitique tendu – qui assumera la responsabilité juridique ?“, s’interroge dès lors le SLFP.
Ce dernier rappelle en outre qu’un corps de sécurité comptant 1.600 équivalents temps plein avait été créé au sein de la police fédérale afin d’assurer ce type de missions de surveillance dans un environnement civil. Or, selon le SLFP, ce dispositif n’a pas été pleinement valorisé. “Pourquoi mobiliser des militaires de combat sans cadre adapté quand une solution structurée existait ?“, ajoute le syndicat.
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Ces soldats sont par ailleurs déployés loin de leur domicile pour des périodes de deux à six semaines, et doivent être opérationnels 24 heures sur 24 en tant que “présence dissuasive, pendant que les effectifs policiers restent à l’arrière“, dénonce encore le SLFP. De plus, au contraire des policiers dont la rémunération est majorée la nuit et les week-ends, les militaires ne disposent que d’une rémunération nette de 4,5 euros de l’heure, rappelle le syndicat.
“Avec une petite force terrestre comme nous avons, on ne peut pas tout faire“, note de son côté le général Jean-Pol Baugnée, chef de la Force terrestre. “On a l’impression que l’armée est devenue le ressort facile“, regrette-t-il.