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L’organisation patronale flamande Voka plaide pour un saut d’index, la majorité divisée

Il faudrait, selon un plaidoyer lundi du Voka, procéder à un nouveau saut d’index, dans le cadre duquel les salaires seraient indexés à un taux inférieur à la normale. L’organisation patronale flamande demande au gouvernement fédéral de préparer un tel saut d’index, comme en 2015. Deux partis flamands du gouvernement, Vooruit et le CD&V, ont immédiatement dit non. La FGTB également. 

Cette demande fait suite à la guerre au Moyen-Orient. Le conflit pousse les prix de l’énergie à la hausse, ce qui entraînera une inflation plus élevée que prévu. Le Voka craint que ce soient les entreprises qui, in fine, doivent payer la facture de la crise car, en Belgique, les salaires sont automatiquement indexés sur base de l’inflation.

Or, si les salaires s’alignent sur le coût de la vie, les sociétés, elles, voient leurs charges salariales augmenter, poursuit l’organisation patronale. “Pour certaines entreprises et certains secteurs, ce choc serait trop important”, estime-t-on au sein du Voka.

Donner du répit aux entreprises

Concrètement, l’organisation patronale demande que, lors de la prochaine indexation salariale, les deux premiers pour cent d’augmentation salariale ne soient pas pris en compte. Les salaires sont indexés à des moments différents selon les secteurs (une fois par an, chaque trimestre, après dépassement de l’indice pivot…). Pour le Voka, le saut d’index doit être appliqué par secteur lors de la prochaine indexation.

Un tel saut d’index “est crucial pour donner un peu de répit aux entreprises en ces temps extrêmement difficiles”, a déclaré lundi Frank Beckx, administrateur délégué du Voka, également dans le journal Het Laatste Nieuws. “Si cela ne devait pas être le cas, la facture de la crise retomberait entièrement sur les entreprises et nous risquons de causer d’énormes dommages à notre économie, avec davantage de faillites et de licenciements collectifs. Sans compétitivité, le pouvoir d’achat des ménages n’est pas non plus garanti.”

Début 2015, un saut d’index avait déjà eu lieu. Par cette mesure, le gouvernement Michel de l’époque souhaitait réduire le handicap en matière de coûts salariaux par rapport aux pays voisins, afin de renforcer la position concurrentielle des entreprises belges et de favoriser la création d’emplois.

Réactions dans la majorité et dans l’opposition

Deux partis flamands du gouvernement fédéral, Vooruit et le CD&V, ont immédiatement rejeté cette idée.

Pour le président des socialistes flamands, Conner Rousseau, l’indexation est “la meilleure protection contre les prix élevés de Trump et Poutine”. Pour son collègue chrétien-démocrate, Sammy Mahdi, “retirer de l’argent aux retraités et aux actifs pour en faire cadeau aux entreprises, alors que le coût de la main-d’œuvre en Belgique n’est pas plus élevé que dans les pays voisins” serait “complètement déconnecté” de la réalité.

De son côté, la N-VA veut prendre le message des entrepreneurs flamands au sérieux, a expliqué le chef de groupe à la Chambre, Axel Ronse.

Dans l’opposition, le PS a exprimé lundi son opposition au saut d’index. “Soyons clairs : l’index, ce n’est pas un bonus. C’est le minimum pour éviter que les gens s’appauvrissent quand les prix explosent”, a souligné le chef de groupe à la Chambre, Pierre-Yves Dermagne.

Réaction des syndicats

La FGTB a également réagi en qualifiant de”dangereuse et imprudente” la proposition de l’organisation patronale flamande Voka d’instaurer un saut d’index, appelant le gouvernement fédéral à “rejeter catégoriquement cette mesure”.

De son côté, la CGSLB a fustigé une telle politique d’annonce. “Il est inacceptable que, face à chaque crise, on revienne automatiquement à la même recette: réduire les salaires de ceux qui travaillent”, a souligné Gert Truyens, président national du syndicat libéral.

La présidente de la CSC, Ann Vermorgen, a elle aussi vivement réagi. “Des prix plus élevés, des impôts plus lourds, et un index qui bientôt ne suivra plus entièrement la hausse des coûts. Pour de nombreuses familles, cela s’ajoute à une politique qui promet moins de protection dans d’autres domaines, des allocations aux pensions”, a-t-elle dénoncé.

Belga – Photo : Belga

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