Parlement bruxellois : l’opposition a de sérieux doutes sur la fiabilité du trajet vers l’équilibre budgétaire
L’opposition a des doutes sur la solidité de l’épure budgétaire mise sur la table de la commission des Finances du Parlement bruxellois lundi après-midi. Elle l’a fait savoir avec des accents particuliers à chacune de ses composantes, lors du long débat ouvert en vue du vote qui devrait intervenir en séance plénière avant le 1er avril prochain.
Pour Françoise De Smets (PTB), le budget déposé par le gouvernement Dilliès “soulève de gros doutes, mais il nous laisse une certitude: les coupes budgétaires impacteront les services publics, les investissements en mobilité, en logement et en transition écologique”.
“Il serait dramatique qu’il y ait des coupes et des augmentations pour les gens et que vous n’arriviez quand même pas à réduire le déficit”, a-t-elle dit ne masquant pas ses inquiétudes après avoir entendu les remarques de la Cour des Comptes.
Sans contester la nécessité de redresser la situation financière le Région-capitale, Zakia Khattabi (Ecolo) a souligné que le retour à l’équilibre budgétaire à marche forcée d’ici 2029 constituait un choix politique et un symbole comme si c’était la preuve d’une bonne gouvernance. Mais “comme au Fédéral, un tel choix écarte les conséquences sociales d’un tel rythme”, a-t-elle pointé.
Qui plus est, cet objectif repose sur “des bases encore largement indéterminées”. On n’a ainsi encore très peu de détails sur les mesures qui seront prises entre 2027 et 2029 pour y arriver, ce qui pose une question démocratique fondamentale. Pour elle, les opérations financières annoncées augmenteront bel et bien la dette de la Région. “C’est la plus grosse arnaque. Vous avez fait l’alpha et l’omega de la crise politique à Bruxelles. Mais vous avez changé d’attitude par rapport de la crise de la dette”, a-t-elle dit à l’attention du ministre Anders Dirk De Smedt.
“Je suis dubitatif sur les capacités d’arriver à l’équilibre budgétaire sur base de toutes ces recettes qui semblent en partie incertaines. On soutient que l’on fait un effort budgétaire, mais au final, on constate que l’on annonce encore emprunter et que l’on ne maîtrise pas la dette”, a embrayé Jonathan de Patoul (DéFI), Au passage, celui-ci a félicité le PS qui “garde le pouvoir en laissant la couronne au MR”, après avoir “bien négocié” la préservation d’un certain nombre d’acquis en matière de logement social et du projet de musée d’Art contemporain Kanal. Pour l’élu amarante, le “cataclysme” engendré par les mesures d’économie, “c’est surtout chez Dilliès et Hublet”.
L’élu amarante a enfin pointé le fait que nombre de contraintes financières étaient reportées sur les communes qui ne sont pas au mieux en matière, entre autres, de nettoiement de voiries, d’accélération des procédures d’urbanisme,
Fabian Maingain (lib.res) a jugé que “les mêmes méthodes qui ont conduit la Région où elle est sont d’application”.”C’est tellement solide que l’on annonce déjà un ajustement budgétaire”, a-t-il ajouté.
Pour Gilles Verstraeten (N-VA), la majorité demande un chèque en blanc tant le projet de budget est vague. Le chef du groupe de la formation nationaliste flamande a en outre regretté que la commission n’ait pas donné de suite à sa demande de report d’une semaine du débat budgétaire.
Selon la majorité, le budget régional doit être approuvé de toute urgence, mais ce n’est pas le cas pour la Commission communautaire commune, qui fonctionnera encore pendant trois mois sur la base des douzièmes provisoires, a-t-il souligné.
Dans la majorité, le message partagé par plusieurs élus (e.a. MR, Engagés, PS, Groen), était plutôt au sentiment d’une prise de responsabilité budgétaire dans des délais courts, après plus de 600 jours de crise politique.
La cheffe du groupe MR Loubna Azghoud a mis en garde, tout comme la Cour des comptes, et l’opposition, contre une série d’opérations financières relevant du “code 8”, et qui, à ce titre, ne figurent actuellement pas au budget dans le périmètre de calcul du déficit budgétaire. Il s’agit d’opérations en lien avec la Société Régionale du Logement (400 millions), Vivaqua (180 millions), la société qui sera chargée du projet Confex sur le plateau du Heysel (150 millions) et la fondation Kanal (60 millions). Ces dépenses pourraient encore être ultérieurement requalifiées par l’Institut des comptes nationaux (ICN), ce qui aggraverait le déficit.
“J’ai l’impression que l’on a oublié les plus de 600 jours de crise politique car on vous reproche à la fois de faire des économies, mais aussi de dépenser de l’argent”, a commenté pour sa part le chef du groupe socialiste Jamal Ikazban à l’attention du ministre Anders du Budget, tout en visant l’opposition.
Celui-ci a notamment insisté sur le sort des communes mises en grande difficulté à la suite de transferts de charge répétés du Fédéral, en matière de police, de pauvreté, de pensions et de réforme du chômage.
Belga