“Avec 45 militaires à Bruxelles, on double le nombre de patrouilles”: Bernard Quintin espère un déblocage ce vendredi
La question des militaires en rue est à l’ordre du jour d’un conseil des ministres restreint ce vendredi matin. Le plan prévoit 45 militaires à Bruxelles aux abords des gares, des stations de métro et des endroits liés aux trafic de drogue. Le ministre de la sécurité et de l’intérieur Bernard Quintin (MR) espère un déblocage rapidement sur la question. Il est l’invité de Bonjour Bruxelles ce vendredi.
“Je pense que ce dossier a été couplé, comme on dit dans le langage politique belge que je regrette, à la question de la surpopulation carcérale. Ce que je refuse absolument, c’est qu’on mette en concurrence la sécurité de nos concitoyens et la sécurité des gardiens de prison“, détaille Bernard Quintin. “Ce sont deux choses que ce gouvernement doit assurer en même temps. Donc j’espère vraiment que cette fois-ci, on y arrivera. Je ne sais pas ce qu’il faut de plus pour indiquer que la sécurité doit être renforcée. Ce n’est pas non plus, comme je l’ai entendu régulièrement, un désaveu par rapport à ma propre police. Je pense que l’Etat doit mettre en œuvre ce plan de puissance pour assurer la sécurité de nos concitoyens.”
L’idée, défendue par le MR, vise à déployer un peu moins de cent militaires en appui aux forces de police à Bruxelles ainsi qu’à Anvers, importante porte d’entrée de stupéfiants en Europe. En discussion depuis l’été, ce projet de déploiement de militaires est depuis lors politiquement lié à un autre dossier, porté par la CD&V celui-là, sur la réduction de la surpopulation carcérale.
“Mon objectif, c’est d’avoir des patrouilles mixtes militaires avec la police des chemins de fer, pour avoir des patrouilles mixtes dans les gares et les métros bruxellois. Avec ces 45 militaires qui viendraient à Bruxelles, je peux doubler le nombre de patrouilles que je peux faire. Là où j’avais six policiers qui patrouillent dans la gare, je peux avoir trois policiers et trois militaires. Les policiers feront le travail de police, donc d’interpellations, de contrôles d’identité, de fouille habituelles, et pendant que ce travail est fait, là où trois policiers protégeaient les trois policiers qui font ce travail, c’est trois militaires qui pourront les protéger.”
“Le risque zéro, ça n’existe pas”
L’idée que l’Iran pourrait s’en prendre à la Belgique “n’est certainement pas un fantasme. C’est en tout cas une possibilité que nous suivons et que nous suivons de très près“, explique le ministre de l’Intérieur concernant les éventuelles menaces terroristes en lien avec les tensions au Moyen-Orient. “Non seulement, nos services de renseignement et de sécurité sont sur la balle, mais ils le sont aussi en connexion avec leurs partenaires étrangers. On se rappellera de la cellule qui a été démantelée il y a quelques mois à Anvers. C’est un excellent travail de nos services de sécurité, sur base aussi d’informations de services de sécurité étrangers. Nous sommes extrêmement vigilants, et en vigilance accrue encore vu la situation actuelle. Il ne faut être ni alarmistes ni naïfs.”
“Maintenant, je vais être très clair parce que moi je ne suis pas dans la langue de bois. Le risque zéro, ça n’existe pas. On doit aussi pouvoir le dire. Mais ça me permet aussi de dire que toutes les mesures sont prises pour déjouer tous les attentats possibles.”
Un coordinateur de lutte contre l’antisémitisme d’ici la fin de la législature?
Le CCOJB (Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique), demande par ailleurs au gouvernement Arizona de désigner au plus vite un coordinateur de lutte contre l’antisémitisme. “Je pense que c’est nécessaire”, dit le ministre MR. “C’est même une obligation, à laquelle nous devrions nous soumettre donc, c’est un dossier que nous allons continuer à porter avec mon parti au niveau du gouvernement. Je pense que ça doit se faire d’ici la fin de législature.”
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Quant à “renforcer la sécurité dans des lieux d’intérêt pour la communauté juive, les synagogues, ça c’est déjà des mesures qui sont prises. Et j’ai demandé qu’on augmente encore ces mesures suite à l’attentat contre la synagogue de Liège, qui a été un véritable séisme pour la communauté à Liège et la communauté en général.”
“Il n’y a aucune impunité à la police“
Au moins 120 personnes sont décédées en Belgique lors d’interventions policières ou peu de temps après depuis 2010, révélaient ce mercredi Knack, Le Vif, De Tijd et L’Echo. “C’est un chiffre qui interpelle et qui doit interpeller tout le monde, en ce compris et au premier chef, le ministre de l’Intérieur” réagit ce vendredi Bernard Quintin. “Donc oui, je suis interpellé par ce chiffre. Maintenant, j’ai lu l’enquête qui a été faite par vos collègues et ça n’a pas été souligné suffisamment je trouve : 40 % de ce chiffre d’après cette enquête, c’est de la légitime défense. Et on ne peut pas reprocher à des policiers qui sont attaqués, que ce soit par des armes à feu, des couteaux ou même un tournevis, de se défendre. Ca veut dire que chacun de ces cas doit être, doit être analysé”.
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“Ce qu’il faut tirer comme conclusion de cela, c’est qu’il faut continuer à renforcer la formation de nos policiers, continuer à renforcer l’encadrement de nos policiers. Ce n’est pas un métier facile, ça n’a jamais été et c’est un métier qui est encore plus difficile aujourd’hui. Il n’y a aucune impunité à la police.”