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Réforme du chômage : “Il est évident qu’on explose les chiffres qui ont été annoncés au doigt mouillé par l’Arizona”

On n’est pas là pour, avec des petits seaux, ramasser l’inondation qui passe à travers le toit du fédéral“: Séverine De Laveleye (Ecolo), présidente du CPAS de Forest, fait le point dans Bonjour Bruxelles sur la situation après la “première vague” des exclusions du chômage depuis l’entrée en vigueur de la loi qui limite les allocations à une période de deux ans.

Depuis le 1er janvier, les personnes au chômage depuis plus de 20 ans ont perdu leurs allocations. “On a loué un bâtiment supplémentaire, on a pu recruter du personnel de première ligne suffisant et on va continuer à recruter. Dans ces conditions là, pour l’instant, ça se passe relativement bien“, explique Séverine De Laveleye. “Maintenant, il faut dire aussi la réalité des chiffres et la réalité sociale qu’il y a derrière. Et à ce titre là, ça ne se passe pas bien du tout. Notre première vague sur Forest, c’était à peu près 185 personnes qui ont été exclues. Sur ces 185, on a près de 60 % des personnes qui ont passé la porte du CPAS pour demander le droit au revenu d’intégration sociale. C’est énorme. Ce sont des personnes qui ont perdu toute ressource et qui sont obligées de faire appel au CPAS pour garantir leur droit à la dignité.”

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Depuis le 1er mars 2026, l’exclusion concerne les personnes avec 8 à 20 ans de chômage, avant la “troisième vague” le 1er avril  pour les demandeurs d’emploi en 3e période d’indemnisation avec moins de 8 ans de chômage. “La deuxième vague est en cours. Certains ont pris les devants et sont déjà arrivés dans le courant du mois de février. Mais à la date d’hier, on n’est pas encore à la moitié du mois et je suis déjà à 44 % de la deuxième vague, qui est une vague considérable dans tous les CPAS. Chez nous, c’est plus de 500 personnes qui sont concernées et on est déjà à 44 % de nouvelles demandes“, détaille la présidente du CPAS de Forest. “Il est évident qu’on explose les chiffres qui ont été annoncés au doigt mouillé par l’Arizona et on le savait bien avant que les vagues arrivent. Les trois fédérations de CPAS ont alerté depuis le début, en disant que dans les grandes villes, on serait probablement beaucoup plus proche des 50 % que des 30 % annoncés.

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C’est un chiffre considérable qui va exploser aussi les prévisions budgétaires, et ça, c’est très important à comprendre. C’est que ça a un coût, le transfert de charges du fédéral vers les communes. C’est évidemment un transfert des charges de personnes avec des vies brisées, mais c’est aussi un transfert financier énorme puisque les communes vont devoir absorber à coup de millions le transfert de charges.”

“Les communes ne peuvent pas être le dindon de la farce”

Plusieurs communes, dont Forest, ont lancé un recours contre la réforme du chômage. “On est quatre communes à avoir rejoint un recours à la Cour constitutionnelle contre la loi programme du 18 juillet, avec les collègues pour les CPAS des communes bruxelloises de Saint-Gilles, mais aussi Mons et Andenne pour la pour la Wallonie“, précise Séverine De Laveleye. “Maintenant, il faut que la que la Cour travaille et statue. On n’attend pas une réponse avant encore plusieurs mois, mais c’était important pour nous, commune et CPAS de Forest, de montrer qu’on n’allait pas juste rester assis. La loi est rentrée en vigueur, mais il faut comprendre que quand l’Arizona a voté cette loi en juillet, on n’avait pas encore les chiffres de l’ONEM sur le nombre d’exclus. Les chiffres consolidés, on ne les a eu que fin août, début septembre. Et on ne savait surtout pas encore combien et comment le fédéral allait suppléer en terme de soutien financier les CPAS et donc derrière elles les communes.”

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Tout ça s’est concrétisé très tardivement dans l’année 2025 et on a dû arriver à la conclusion début 2026 que le fédéral faisait un simple transfert de charges sur les communes, et que c’était totalement non-conforme à certains articles de notre Constitution et notamment toute la question de la loyauté fédérale. Les communes ne peuvent pas être le dindon de la farce de choix politiques du fédéral de faire des économies. À un moment on doit pouvoir dire qu’on n’est pas d’accord, qu’on n’est pas juste là pour, avec des petits seaux, ramasser l’inondation qui passe à travers le toit du fédéral. On doit pouvoir dire: ça suffit. On a besoin de moyens structurels pour accompagner la grande précarité“.

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