Au moins 120 personnes décédées lors d’interventions policières depuis 2010
Au moins 120 personnes sont décédées en Belgique lors d’interventions policières ou peu de temps après depuis le décès de Jonathan Jacob, en 2010, écrivent mercredi Knack, Le Vif, De Tijd et L’Echo.
Selon les auteurs, il n’existe aucun décompte global du nombre de civils décédés pendant ou après une intervention policière. Les journalistes ont donc élaboré une base de données à partir des archives de presse. Ils ont ensuite confronté ces informations avec les zones de police, les parquets et des avocats. Néanmoins, ce chiffre de 120 décès reste probablement sous-estimé, précisent-ils.
Des experts soulignent que ce manque de données constitue un problème fondamental. Sans transparence, impossible de mener une enquête sérieuse sur le fonctionnement de la police. Ce manque de chiffres empêche également des débats parlementaires approfondis.
Dans quatre dossiers sur dix, il s’agit de confrontations armées, souvent des cas évidents de légitime défense. Dans d’autres cas, les interventions policières soulèvent des questions, selon Knack, Le Vif, De Tijd et L’Echo.
Selon l’analyse de ces médias, 45% des victimes sont mortes sur place ou pendant l’arrestation, et 17% supplémentaires sont décédées en détention. Il s’agissait d’hommes dans neuf cas sur dix. La moitié des personnes concernées avaient entre 21 et 40 ans. Six victimes étaient mineures.
Onze personnes ont été percutées par un véhicule. Huit ont été victimes d’un arrêt cardiaque pendant ou peu après l’intervention. Dans quatre cas sur dix, la victime était armée – le plus souvent d’un couteau, mais dans un cas sur trois d’une arme à feu.
Selon le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR), des enquêtes sont systématiquement menées. “Lorsque cela s’avère nécessaire, des mesures disciplinaires ou pénales sont prises. Je veux une police respectueuse et respectée.”
Les décès survenus lors d’interventions font, selon le ministre, l’objet d’un suivi à travers le monitoring prévu par des circulaires, avec un accent sur la prévention, la responsabilité de l’employeur, la formation et l’entraînement ainsi que le retour d’expérience, complétés par des mécanismes de contrôle. “La formation et l’entraînement sont continuellement adaptés sur la base de ces enseignements”, a ajouté le ministre.
M. Quintin renvoie enfin au cadre légal clair prévu par la loi sur la fonction de police. “Les policiers sont déjà formés aujourd’hui pour réagir au mieux dans des situations souvent complexes. Mais comme dans tout service public, il est nécessaire d’évaluer en permanence les pratiques et de les ajuster lorsque cela s’avère nécessaire.”
Belga