Taxe sur les fast-foods : Une mesure discriminatoire ?
Décidée en octobre 2025, la taxe anti-malbouffe est désormais d’application à Auderghem, avec comme objectif de limiter ses effets sur la santé publique. La taxe se veut dissuasive avec 10.000 euros à l’ouverture d’un nouveau fast-food, puis 12.000 euros chaque année. Pour ceux qui seraient tentés d’ouvrir leur établissement à moins de 100 mètres d’une école, ce montant sera doublé. Sophie de Vos, bourgmestre d’Auderghem, et Lora Nivess, directrice des Affaires publiques chez Comeos étaient les invitées de Bonsoir Bruxelles.
Les autres critères spécifiques pris en compte et dans le collimateur de la commune sont les grandes chaînes de restauration rapide qui proposent des repas sur place ou à emporter, restent ouverts toute la journée et qui vendent des produits sous une marque facilement reconnaissable.
La mesure a évidemment fait réagir. Certains parlent de discrimination. Cette taxe ne concerne pas les snacks ou les friteries. Une décision totalement incompréhensible pour Lora Nivess. La mesure vise quatre grandes enseignes : temples de la nourriture industrielle transformée qui ciblent principalement les jeunes. La bourgmestre nous a expliqué pourquoi la commune a décidé de cibler les grandes enseignes de fast-food : “Les gens se rendent compte tout doucement que ce type de nourriture est extrêmement mauvais pour la santé. Il y a des risques d’obésité, il y a des problèmes de surpoids, de diabète, de cholestérol et j’en passe. Ce sont des maladies qui coûtent des milliards à la Sécurité sociale. Les gens n’arrêteront pas de manger, ça sera juste remplacé par de la nourriture moins mauvaise.”
Auderghem a inscrit la somme de 100.000 euros dans son budget 2026. Un montant qui sera notamment réinvesti dans des programmes de santé : ” Cet argent va à la fois servir à pallier une partie des nuisances (les balayeurs, les policiers, etc..). Ce n’est qu’un point d’un vaste plan en faveur d’une alimentation plus saine : on fait des ateliers pour apprendre aux enfants à manger plus sainement, on organise un certain nombre de conférences, .. Donc oui, il y a une partie de cette taxe qui va être réinvestie dans une meilleure alimentation.”
Auderghem n’est plus la seule commune à cibler la malbouffe. A Anderlecht, les autorités locales ont décidé d’adopter les mêmes mesures. Avec une différence : Les friteries et les snacks sont soumis à une taxe fixée à 7.000 euros. “On a déposé un recours devant le Conseil d’Etat. Nos avocats sont positifs sur l’issue de notre action car là aussi il y a quand même une disproportion et une discrimination.” estime Lora Nivess.