Soupçons de corruption au Foyer Anderlechtois : une plainte pénale déposée
Le Foyer Anderlechtois a annoncé mercredi le dépôt d’une plainte pénale visant une ancienne collaboratrice, à la suite d’une enquête interne déclenchée par un courriel anonyme reçu le 18 décembre dernier.
La démarche initiée par le président du Foyer, Lotfi Mostefa, vise à faire toute la lumière sur des allégations de corruption dans l’attribution de logements sociaux.
Selon le Foyer Anderlechtois, qui gère quelque 3.800 logements et occupe 142 travailleurs, la personne concernée est une ex-secrétaire du président, visée, comme le président, dans une lettre anonyme les accusant de faits de corruption liés à l’attribution de logements sociaux.
Le président du Foyer, Lotfi Mostefa, a immédiatement déposé une plainte pour calomnie et a demandé aux services de l’institution de vérifier les faits allégués dans ce courriel anonyme.
En date du 27 janvier 2026, la presse a fait état de l’ouverture par le parquet d’une information judiciaire sur la base des dénonciations anonymes, plaçant le Foyer Anderlechtois au centre de l’attention médiatique.
Selon le Foyer, les vérifications internes effectuées ont mis en évidence que l’ancienne collaboratrice aurait exercé une influence pour favoriser l’une de ses connaissances dans le cadre d’une procédure d’octroi d’une adresse de référence au CPAS.
“Dans ce contexte, et en raison d’une rupture de confiance, le président a pris la décision de mettre fin au contrat de travail de l’ancienne collaboratrice en date du 2 février 2026, tout en demandant à ses services de poursuivre les vérifications internes”, ressort-il du communiqué.
À l’occasion de ces démarches, plusieurs locataires et candidats locataires ont témoigné de comportements susceptibles de constituer des faits illégaux dans le chef de l’ancienne collaboratrice, notamment une intervention indue dans le traitement de certains dossiers en échange d’avantages.
“Ces éléments ont conduit Lotfi Mostefa à mandater un avocat pour déposer une plainte pénale au nom du Foyer contre l’ancienne collaboratrice, pour permettre aux autorités judiciaires de faire la lumière sur ces allégations”.
Le Foyer se constitue ainsi en victime potentielle de pratiques contraires à ses missions et à ses obligations en matière d’égalité de traitement des candidats au logement social.
Cette Société Immobilière de Service Public a rappelé qu’elle était engagée depuis 2020, dans un processus de remise en ordre et de redéploiement de son offre de logements sociaux à Anderlecht, sous la présidence de Lotfi Mostefa, portant ainsi “plus du tiers de l’effort de création de nouveaux logements sociaux en Région bruxelloise”.
Dans ce cadre, Lotfi Mostefa rappelle que tout signalement, même anonyme, fait l’objet d’une analyse rigoureuse et que, “lorsque des éléments sérieux apparaissent, des mesures internes sont prises et la justice est saisie si nécessaire”.
“Je n’accepterai jamais que quelques pommes pourries abîment le travail extraordinaire qui est fait par tous les autres. Si les faits sont avérés ou si d’autres personnes sont en cause, je serai impitoyable”, a-t-il déclaré, cité dans un communiqué du Foyer.
Le Foyer Anderlechtois a par ailleurs fait état de l’envoi, depuis début janvier, d’autres courriels anonymes signés “le corbeau” au parquet, à la presse et à plusieurs responsables politiques, multipliant les accusations.
À chaque réception de courriel, le président du Foyer Anderlechtois a demandé à ses services de vérifier les affirmations relayées par “le corbeau”. Ces vérifications ont, jusqu’à présent, permis d’établir le caractère erroné ou infondé des accusations formulées, comme celle selon laquelle le président serait intervenu pour obtenir un logement pour une prétendue influenceuse anderlechtoise qui s’avère être une chanteuse connue résidant au Maroc.
Après la plainte personnelle déposée par le président, le Foyer Anderlechtois a décidé, en tant qu’institution, de déposer à son tour une plainte pour calomnie et diffamation contre X.
Belga