Aidants-proches : la majorité n’approuve pas la proposition du PS, “la solution du gouvernement ira plus vite”
La majorité n’a pas approuvé mercredi en commission des Affaires sociales de la Chambre la proposition de loi du PS (opposition) visant à inscrire une exception à la limitation dans le temps des allocations de chômage pour les aidants-proches.
La N-VA, dans la majorité, a demandé un examen du texte socialiste par le Conseil d’État et la majorité a refusé de demander que la section législation l’examine en urgence. Dès lors, cette proposition de loi ne peut plus être soumise au vote avant le 1er mars, date à laquelle de nombreux aidants-proches risquent l’exclusion du chômage.
La majorité a justifié cette approche par l’accord intervenu vendredi dernier au sein du gouvernement. “La solution du gouvernement ira plus vite que n’importe quelle proposition de loi“, a estimé Florence Reuter (MR), indiquant que des travaux en inter-cabinets étaient en cours. Anne Pirson (Les Engagés) a confirmé que “des discussions sont en cours au sein du gouvernement fédéral, qui apportera une réponse à la problématique” par toutes les voies de droit qui s’offrent à lui.
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Cette justification a suscité l’ire de l’opposition. “Quel est le calendrier du gouvernement ?“, s’est interrogée Sophie Thémont (PS). L’auteure du texte y a vu une manœuvre dilatoire de la majorité : “Il reste 18 jours.” À ses yeux, sa proposition de loi est la “seule solution pour éviter le pire d’ici le 1er mars“. “Vous pourrez verser des larmes de crocodile, réagir sur les réseaux, mais vous en porterez la responsabilité“, a-t-elle lancé aux élus de la majorité.
“Cette hypocrisie, ça commence à bien faire !“, a appuyé Nadia Moscufo (PTB), s’interrogeant sur la pertinence d’un avis du Conseil d’État. Sarah Schlitz (Ecolo-Groen) a aussi jugé que la majorité cherchait à “gagner du temps”.
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Le gouvernement fédéral travaille à l’élaboration d’une période de transition pour éviter que les aidants-proches au chômage ne perdent leurs allocations dans les prochains mois, a annoncé le Premier ministre Bart De Wever le week-end dernier. Le gouvernement fédéral cherchera ensuite une solution structurelle, selon lui.
La commission a ensuite validé, conformément à l’accord intervenu vendredi dernier, une proposition de loi du CD&V et des Engagés, co-signée par le MR et Vooruit, qui vise à flexibiliser le congé aidants-proches. Le texte porté par Nahima Lanjri (CD&V) vise, entre autres, à doubler la durée de reconnaissance du statut (de 1 à 2 ans), et à fractionner le congé en semaines au lieu de mois. Cette proposition de loi a été adoptée à l’unanimité. Elle peut d’ores et déjà être inscrite à l’ordre du jour de la séance plénière.
L’examen du texte PS s’est déroulé dans une ambiance houleuse et confuse.
En séance, Florence Reuter (MR) a qualifié l’attitude de Sophie Thémont (PS) de “vulgaire”. L’élue socialiste s’est défendue d’avoir insulté qui que ce soit, “et encore moins d’être vulgaire“.
Signe de la tension entre PS et MR, le groupe libéral à la Chambre a envoyé dans la foulée une réaction à Belga : “Outrances, caricatures, mensonges, le PS perturbe les travaux, affiche sciemment les personnes sur les réseaux sociaux pour mieux les discréditer. Une solution politique arrive au niveau du gouvernement, le PS le sait et veut simplement faire un coup de communication déplorable.”
Belga – Photo : BX1