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Demandes d’asile: le taux de protection en forte baisse en 2025

Le CGRA, l’instance qui décide en Belgique d’octroyer le statut de réfugié ou de protection subsidiaire, a pris l’an dernier des décisions concernant 31.457 personnes, avec un taux de protection en forte baisse par rapport à 2024. Seuls 28,4% des décisions prises en 2025 étaient une réponse positive pour le demandeur en 2025, contre 47,2% l’année précédente. Ce taux n’était plus passé sous les 30% depuis 2013, et restait dans les 40% depuis 2021.

L’information ressort mardi de la présentation des chiffres annuels 2025 des services en charge de l’asile et de la migration, rassemblés pour une conférence de presse autour de la ministre compétente Anneleen Van Bossuyt (N-VA). Cette dernière a promis depuis son entrée en poste la “politique la plus stricte jamais menée” en Belgique en matière d’asile, avec pour cheval de bataille la lutte contre les abus du système et la migration secondaire.

Derrière les chiffres généraux, avec un total de demandes qui a baissé par rapport à 2024, revenant dans les eaux des années précédentes, l’évolution du taux de protection est frappante. “Deux facteurs ont principalement joué“, explique mardi Sophie Van Balberghe, commissaire générale aux réfugiés et aux apatrides. Elle pointe tout d’abord le “gel des dossiers syriens”, alors que les demandes de personnes ayant fui la Syrie avaient donné lieu à de nombreuses décisions de protection en 2024. En 2025, très peu de dossiers syriens ont été traités: le CGRA avait suspendu l’examen de tous les dossiers de ce pays dès le 9 décembre 2024, à la suite de la chute du régime Assad. Les demandeurs, et ils sont plusieurs milliers, restaient donc en attente. Le CGRA n’a repris le fil qu’en novembre dernier, avec des perspectives de protection a priori plus limitées que sous la dictature de Bachar al-Assad.

On a pris dans ce cadre énormément de décisions d’irrecevabilité

Le traitement prioritaire des dossiers de demandeurs qui ont déjà obtenu un statut ailleurs dans l’UE (les “statut M”) explique également cette baisse du taux de réponse positive, ajoute Sophie Van Balberghe. “On a pris dans ce cadre énormément de décisions d’irrecevabilité“, note-t-elle.

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Ces personnes qui ont déjà obtenu une protection dans un autre pays UE ont a priori peu de chances d’accéder au statut de réfugié en Belgique. Mais elles étaient tout de même 2.629 à faire la demande en 2025 (en 2024, un pic avait été observé, avec 4.825 demandes). L’énorme majorité d’entre elles (87%) avait déjà effectué la procédure, avec succès, en Grèce, selon les chiffres présentés par l’Office des étrangers. Le CGRA a donné un coup de rein dans les prises de décision pour ces “statuts M”, et le nombre de déclarations d’irrecevabilité a bondi: +395% par rapport à 2024 pour ce type de dossiers.

Dans le même temps, une autre augmentation notable dans les décisions du CGRA est celle de retirer ou abroger un statut déjà accordé. 264 personnes ont vu leur protection prendre fin en 2025, pour 76 en 2024. “Mes équipes ont fortement investi dans le traitement des dossiers de personnes déjà sous statut mais qui ont commis des faits graves d’ordre public pour lesquels elles ont été condamnées de manière définitive”, explique la patronne du CGRA.

Belga – Photo Belga

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