Demandeurs d’asile à la rue, la ministre Anneleen Van Bossuyt renvoie vers la Région bruxelloise
Selon elle, le gouvernement fédéral a pris ses responsabilités en prévoyant les moyens nécessaires. Une version des faits fermement contestée par l’un des acteurs de l’accueil des réfugiés et des sans-abris à Bruxelles.
La ministre de l’Asile, Anneleen Van Bossuyt, a renvoyé mardi les députés vers la Région bruxelloise si des demandeurs d’asile dormaient en rue dans la capitale.
L’hiver et les froides températures des dernières semaines ont mis le réseau d’accueil des demandeurs d’asile dans la capitale sous forte pression. Des gens ont dû dormir à la rue à Bruxelles, faute de places disponibles, des femmes ont été refusées, sans compter les hommes seuls, selon le député Matti Vandemaele (Groen-Ecolo). “Quand vous dites qu’il y a suffisamment de places pour les personnes qui se présentent, je m’étonne“, a-t-il souligné.
Le pouvoir fédéral finance 2.000 places d’accueil pour les demandeurs d’asile, conformément à un accord passé avec la Région bruxelloise, a rappelé la ministre N-VA. “C’est plus qu’assez”, a-t-elle affirmé en prenant la liste d’attente au 12 janvier qui comptait 1.653 personnes. Les moyens prévus ne servent pas à financer les étrangers en situation illégale, a-t-elle ajouté. “L’objectif, ce n’est pas d’utiliser des moyens fédéraux pour financer des compétences régionales telles que le sans-abrisme. Les familles avec des enfants, si elles ont droit à l’accueil, elles sont immédiatement accueillies dans le réseau régulier”, a-t-elle assuré.
Mme Van Bossuyt estime en revanche qu’un certain nombre de statuts ne dépendent pas d’elle, comme les “statuts M”, c’est-à-dire les personnes qui ont déjà reçu une protection internationale dans un autre pays européen. “C’est d’application depuis l’été (depuis le vote d’une loi fin juillet, ndlr), ils ont eu le temps d’aller dans le pays où ils ont reçu une protection”.
“Chaque année, le fédéral contribue au Plan grand froid de Bruxelles. Chaque année, Fedasil prévoit des places dans des auberges de jeunesse pour éviter des situations comme sous la législature précédente. Nous, nous prenons nos responsabilités”, a-t-elle encore dit.
“Vous ouvrez le parapluie‘, a répliqué M. Vandemaele. Selon lui, les 2.000 places censées être suffisantes relèvent d’une “construction théorique”.
Du côté des acteurs bruxellois, ces propos passaient mal également. “C’est de l’hypocrisie totale”, a lancé le directeur de la plateforme Belrefugees, Mehdi Kassou. Parmi les personnes sans-abri, l’on retrouve 65% de personnes sans titre de séjour, a-t-il fait remarquer. Dont des “statuts Dublin”, c’est-à-dire des personnes dont la demande d’asile doit être traitée par un autre pays européen, des “statuts M” -“une fabrique de sans abris”, selon M. Kassou- ou des personnes qui sont tout simplement en Belgique depuis des années sans titre valable “faute d’une procédure de régularisation depuis 2009”.
“Le public en rue à Bruxelles se trouve dans une très grande précarité qui est liée à la politique d’asile”, a-t-il accusé.
Belga