Femmes sans-abri à Bruxelles : quel accompagnement, quelles solutions ?

Deux femmes sans domicile fixe ont perdu la vie à quelques jours d’intervalle à Bruxelles, victimes d’hypothermie. Combien sont-elles à vivre en rue ? Comment en sont-elles arrivées là ? Comment les aider ?

Les femmes sont moins nombreuses que les hommes à vivre en rue, indique Laurent Demoulin, directeur de l’asbl Diogène. Mais leur nombre a augmenté en 20 ans : en 1995, elles représentaient 11% du public sans-abri, elles en représentent aujourd’hui 26%. “Cette augmentation montre que les mécanismes de protection à leur égard se fissurent.” En revanche, continue Laurent Demoulin, les femmes sont sur-représentées dans les dispositifs d’accompagnement et de relogement du type Housing first.

Il y a plus de femmes en situation d’extrême précarité que sans-abri, observe Ariane Dierickx, directrice de l’asbl L’îlot. “Les femmes utilisent davantage que les hommes les réseaux familiaux et amicaux afin d’éviter la rue.” En outre, elles ont beaucoup plus que les hommes la charge des enfants, ce qui les pousse à chercher des solutions alternatives à la rue. La rue, qui par ailleurs, est un espace plus masculin que féminin.

Rejoindre un dispositif d’accueil d’urgence n’est pas toujours le souhait de la personne sans-abri, en particulier les femmes : “elles veulent garder la liberté de refuser.”, explique Ariane Dierickx, qui ajoute : “le secteur connaît les outils à développer pour mettre fin au sans-abrisme : l’accompagnement individualisé, guidance à domicile, entre autres, ont prouvé leur efficacité. Les politiques manquent d’ambition.

 

Ariane DIERICKX , directrice de l’asbl L’ilot et Laurent DEMOULIN, directeur de l’asbl Diogènes et Koen VAN DEN BROECK, Responsable communication à l’asbl Infirmiers de rue sont les invités de M, le mag de la rédaction
M, le mag de la rédaction, du mardi au vendredi à 18h20

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02 novembre 2018 - 19h19
Modifié le 02 novembre 2018 - 19h19